29.9.05

Position du crapaud volant

Aujourd'hui, retour du Captain Boss sur le pont du 58 Rocket Street. Donc avant son arrivée à 14h, j'ai rangé la réserve, viré la paperasse de la caisse, plié des cartons, classé les factures, étiqueté le courrier, sorti les poubelles, tripoté les prises de téléphone (et pas réussi à rebrancher le fax...) avec une impression bizarre: celle de ranger la maison avant que les parents ne rentrent de week-end.

Joie de voir Captain Boss de retour, tout bronzé. Il n'a pas mis longtemps à se remettre dans le bain d'eau douce du 58, on l'a retrouvé tout entier fidèle à lui-même pas plus tard qu'à 15h après la pause déjeuner...

Mon client préféré de la journée: le frère de la copine de Yoda. Un petit bonhomme de 75 ans, qui avait débranché son sonotone. Je lui annonce le montant qu'il doit payer: 25 euros. "Comment ça? 504 euros?" Je braille:"25 euros!" Il se marre, me regarde:"Je savais bien que c'était pas 504, mais comme j'avais pas entendu, j'ai pas mis mes oreilles vous comprenez." Ah oui, je comprends... je l'ai encore pas vu venir, lui. Toujours se méfier de ces gens de la famille d'un jedi, ils sont joueurs. D'ailleurs, ça m'a fait penser à Chouchou:"Comment appelle-t-on un lapin sourd?" "LAPIN!"

J'ai aussi revu une cliente que j'adore aujourd'hui. Je lui avais fait acheter le premier tome de la saga de Robin Hobb, et elle a mordu: elle est revenue en me disant qu'elle me détestait, parce qu'elle s'était rendu compte qu'il y avait 12 tomes parus dans cette série. Niahahaha. Elle a aussi acheté plein d'autres bouquins, elle est fan de fantasy, c'est excellent. La prochaine étape: lui faire lire un grand monsieur j'ai nommé Terry Pratchett.

Monsieur le L n'a pas sursauté quand je lui ai chatouillé le cou. Il ne s'est pas dégagé non plus. Il s'est juste retourné et m'a souri. Je me suis sentie toute légère.

A 19h j'étais bien contente de partir au taekwondo. Pourtant je n'étais pas bien fière quand il a fallu faire des coups de pied sautés, toujours cette trouille qui se situe au niveau du genou, je n'ose pas sauter (comme déjà je n'ai pas de détente, le tout cumulé je dois arriver à décoller d'environ 3,5cm) et je flippe à mort. Pourtant j'adorais les coups de pied sautés. Quand les autres en font, c'est aérien, fluide. Et moi, je n'arrive qu'à faire la position du crapaud volant, les jambes crochues. La route est longue, oh oui, alors en route.

28.9.05

London Calling

J'ai reçu dans ma boîte mail une offre SeuNeuCeuFeu: AR Londres à 2 pour €100 soit €50 par personne... C'est rudement tentant. Sauf que j'ai dû dépasser les €300 de découvert ce mois-ci, et que je dois remettre les finances à flot... Ca m'a fait rêver 10 minutes au moins.

Jolie journée aujourd'hui. Il faisait très beau ce matin, et j'ai eu pour la première fois depuis quelques semaines une fantastique nuit de SOMMEIL: 8h à la suite. Les cernes, pfuit, envolées!

J'ai eu Captain Boss au téléphone: pour le terminal CB, tout va bien, il avait interverti les branchements sans me le dire, pour anticiper d'éventuels soucis avec France Telecom lundi. Donc ce soir j'ai pu envoyer les sous à la banque via la bonne prise téléphone. C'est beau la technologie. Captain Boss était déjà arrivé à Marseille:"On n'avait pas des masses de vent et en plus dans la gueule, alors on a mis les moteurs. J'ai rendez-vous avec un pote ce soir dans un bar à Marseille, d'ailleurs il arrive, je te laisse, à demain."

Les demandes de réservations pleuvent pour hp6. Je sens qu'on ne va pas s'ennuyer vendredi à minuit, j'avais un peur qu'on ouvre pour rien. Faut qu'on achète plein de bonbecs. Une bonne occaz de se péter le bide avec un alibi béton. Et comme c'est Halloween dans un mois, on remettra ça (pour les bonbecs, pas pour la fête à la citrouille, même si je crois que je me ferai quand même un sacrifice rituel à coup de cuillère à soupe et de scie à légume!). Question existentielle: pourrai-je faire pousser des cucurbitacées sur mon balcon? Je crois que ça vaudrait le coup d'essayer.

Octobre arrive. 2 films à voir absolument: Les noces funèbres de Tim Burton et Wallace et Gromit et le lapin-garou.

Bonne nouvelle du jour: mon torticolis s'est enfin envolé.

27.9.05

Rainy autumn day

Premier jour avec des pc tout neufs au 58 Rocket Street. L'impression de rouler en limousine après s'être tapé 6 mois de Visa Citroën. Sauf que: la base de données, notre Electre magique, la baguette de nous autres sorciers du recel de livres de tous genres, n'est pas paramétrée. Je tente de faire ma maligne, de faire glisser les champs nécessaires à la compatibilité d'Electre et d'Elico (un mariage contre nature, faut croire), mais non. Ca ne marche pas. Mes 2 softs se font la gueule. La limousine en prend un coup. Je m'y ferai, on ne vit pas au village des schtroumpfs, tout ne peut pas fonctionner du premier coup. Monsieur Master Elico vient s'en occuper vendredi. D'ici, je recopie des suites de 13 chiffres 50 fois dans la journée. Bon, je ne me plains pas, y en a d'autres qui en sont encore aux fiches vertes!

Les lignes téléphoniques font des trucs bizarre. Je n'ai pas réussi à envoyer les sous des CB à la banque ce soir, "échec de la télétransmission". Je n'ai pas le numéro de Monsieur Terminal CB, et Captain Boss est sur son bateau à des miles nautiques du premier relais pour mobiles... Pxxxxx de loi de Murphy.

La journée a été longue, pas de pause déjeuner, et 10h30/20h30 d'un seul coup, je peux le dire, je ne ferais pas ça tous les jours! En allant chercher un café au bar, j'ai vu Monsieur le L, je lui ai remis son flyer pour le déménagement, il a souri, et l'a rangé dans son recueil de pièces de Shakespeare.

Aujourd'hui, on nous a livré HP6, 8 cartons, 158 exemplaires. Déjà les clients tentent de nous amadouer: "Vous êtes sure, vous ne pouvez pas m'en vendre un vendredi soir, parce que vous comprenez, sinon je ne reviens dans le quartier que lundi, et comme vous êtes fermés, ça m'oblige à attendre mardi!" Non mais ça va pas??? Y en a même une qui a tenté de me bluffer:"J'ai vu aux infos qu'ils avaient décidé d'avancer la sortie d'une journée!" "Ah non, ça s'appelle une légende urbaine, ça, mademoiselle."

Je me suis sentie me crisper du haut du dos cet après-midi. Je crois que la fatigue n'arrange pas les choses. Peut-être pourrais-je demander un week-end de 3 jours cette semaine? Ce serait bienvenu. Ca me permettrait de boucler quasiment tous les cartons, d'avancer la paperasse qu'un déménagement nécessite toujours, et de me reposer, accessoirement. Profiter du bronzage du Captain pour placer ma requête.

Demain, grosse journée en perspective. Je n'ai pas eu le temps de ranger, on a du pain sur la planche, avec Calisson. Répartition des tâches selon un ordre de priorité dégressif. Quand je vois ce que j'ai prévu comme programme, je me dis que ce n'est pas bien étonnant que mon déménagement soit aussi millimétré. Je suis en train de devenir complètement bosso-logistico-maniac. C'est grave docteur?

26.9.05

Elm superstar parce qu'il le vaut bien

Dénouement tant attendu de ces quelques jours d'interrogation, tempête de cerveau (cause de mon torticolis? nan, ptêt pas quand même), à la question qui est Elm? J'ai trouvé la réponse. L'un de mes plus vieux amis, mine de rien. Comme quoi, plus ils sont vieux plus ils sont roublards et joueurs, et moins je les reconnais vite. Mais son comique cynique n'a pas tenu le choc face à ma perspicacité redoutable (bien que lente, je dois le reconnaître). Je reconnaîtrais l'Elm qui met entre l'ennemi et lui-même son armée d'arbres entre mille, celui qui peut passer des heures sur une table à faire avancer des figurines centimètre par centimètre...

Toute contente que j'étais d'avoir découvert l'identité de l'Elm masqué, je suis allée voir Chouchou pour récupérer les cadeaux que Miss Wong m'a envoyé de Hong Kong, je suis gâtée: un distributeur Pez Hello Kitty ainsi que du Bouddha Tea, c'était la Nouêl tellement j'étais ravie! Merci Miss Wong!

Chouchou m'a dit que ce n'était point du tout raisonnable d'aller au taekwondo avec mon cou encore tout raide, que je dois être patiente et me reposer. J'étais toute triste du cou(p). Pas taekwondo, pas d'entraînement ceinture noire, le premier de l'année, je ne peux pas y aller parce que j'ai le cou bloooooquéééééééé. Pas très glorieux. Minable un peu même.

J'ai essayé les médecines parallèles contre la douleur mais ça n'a rien changé. J'ai juste un peu plus envie de dormir.

Après Chouchou, les Dupont-d m'ont rappelée au 58 Rocket Street car ils étaient sur le point de boucler l'installation du réseau: le rouleau de caisse ne fait plus de bruit désormais. Et on peut même se servir de l'imprimante à partir des 2 postes. Et ça ne plantera plus tous les 3 jours (je demande à voir quand même, ça ne reste que des pc après tout). J'ai l'impression d'être au pays de Oui-Oui: les écrans précédents étaient tout petits et les nouveaux sont immenses! Résultat le logiciel s'affiche en géant, on dirait que c'est écrit pour niveau de lecture 6 ans, on peut apprendre à tracer les lettres en suivant sur l'écran avec le doigt (mais sans appuyer parce que ce sont des écrans plats et ce serait embêtants de passer à travers).

Ensuite je suis rentrée chez moi. Et je n'ai RIEN fait. Battu mon record de RocketMania, réussi à faire partir 5 fusées d'un coup j'étais très fière. Les cartons que j'ai ramenés de la librairie sont encore intacts, je n'ai même pas réussi à les remplir. Je n'ai pas étendu ma lessive. Je n'ai pas fini mon roman. Je ne me suis pas exactement reposée non plus (repos=yeux fermés, dans ma conception des choses).

Mmmmh, je crois que je viens de renouer avec une activité que j'avais délaissé depuis longtemps: la glandouille.

Pourquoi?

9h du matin, je suis au 58 Rocket Street. Pourtant la boutique est fermée aujourd'hui, désolée msieudam!

J'attends France Telecom. Ils sont censés arriver entre 9h et 11h, ce qui me laisse de la marge. De la marge d'attente. Je ne peux même pas aller au café, je dois attendre pour ouvrir la librairie aux techniciens qui changent notre parc informatique (une bien belle expression pour 2 pauvres pc à mettre en réseau...).

Je crois que je vais aller me chercher un café sinon je vais m'endormir avant qu'ils arrivent.

Le torticolis s'est calmé mais n'est pas bien encore parti bien loin, je le sens tapi dan l'ombre de ma nuque, près à se rappeler à mon bon souvenir au 1er mouvement brusque.

25.9.05

stationnaire tendance pire

Ca ne va pas mieux. C'est même pire. Hier le torticolis était plutôt bas, niveau trapèze. Aujourd'hui, il a pris toute la nuque. Douloureux d'avoir un manche à balai à la place des vertèbres. Pas une position où je me sens mieux. Impossible de lire, ça fait trop mal.

Je viens de réaliser que dans le carton paperasse, j'ai mis les papiers concernant mon contrat pour la freebox. Je suis vraiment nulle, j'ai un rythme de tortue en remplissage de carton et j'y enferme des documents essentiels dont j'ai besoin avant le déménagement.

Je suis atterrée.

Heureusement Chouchou vient me voir à 16h pour le thé.

step back in time

Revu ce soir des gens que je n'avais pas vu depuis 2 ans. Ca n'appelle pas forcément de commentaire. Je suis juste heureuse de la relation que j'ai réussi à préserver - et à continuer de construire, même - avec Ponchan. Serrer dans mes bras Ponchan quelques secondes, ça fait un bien fou.

Adoré ce midi la façon dont Monsieur le L a levé les yeux au ciel pour me signifier que je me complique la vie et que je me pose trop de questions inutiles. Une spontanéité surprenante, une claque de plus. J'ai rien compris, je comprends rien, faut pas que je cherche à comprendre. Juste que je fonce, on verra bien. Ou mal.

Le torticolis est toujours d'actualité même si plus diffus. La douleur a évolué, difficile à cerner, lancinante, persistante, sournoise, tapie, attend son heure pour me vriller le crâne en prime.

It's so good, so good, loving somebody, somebody loves you back.
Le live de Keziah Jones me donne envie de reprendre la guitare bien sérieusement, reste à acheter la guitare pour les nuls et m'armer de patience et de persévérance... Ca me rappelle un truc, mais à cette heure-ci c'est un peu flou.

Me laisser porter. Sans lutter contre le courant, dans des efforts inutiles. Concentrée sur l'objectif.

24.9.05

forme: bloquée

Le truc con: je sors de la douche, je penche la tête pour me sécher les cheveux avec ma serviette, et là:

craaack

Le torticolis.
Misère sur ma tête. Enfin, ma nuque. Ca fait mal.
xxxxx de xxxxx de xxxxxx.

Autumn

Je n'ai pas bu ce soir, d'ailleurs je ne bois plus d'alcool depuis... 2 semaines? Pas envie, les répercussions seraient immédiates et douloureuses, ça se finirait aux urgences et je n'ai pas envie de réitérer ce genre d'expérience. Tituber de fatigue, au sens propre. Je suis rentrée à pied de République jusqu'à la rue des Boulets avec Calisson que j'adore, et je ne marchais pas droit. Juste parce que j'étais claquée. Je crois que la dernière fois que ça m'est arrivé, c'était en rentrant des vendanges, il y a 10 ans.
Une soirée très agréable. Simple, à énoncer des vérités vraies sans mentir.
"Ca se voit comme le nez au milieu de la facture" a dit Chouchou, on dirait que je ne suis pas la seule que le surmenage guette.
Bonne journée aussi. Pas très envie de travailler, ça va revenir mais pour le moment je suis sous pression et je n'arrive pas à m'en défaire. L'impression d'être une coquille vide, que je n'arrive plus à remplir. Pas d'envie précise, arriver à ce point crucial où même dormir demande un effort puisque l'insomnie est un état végétatif qui me vient plus naturellement.
J'ai réalisé aujourd'hui qu'on était passés à l'automne. Hier, on était le 1er septembre. Pas vu le temps passer à un point hallucinant. Je vais me réveiller demain et ce sera Noël.
Partir en week-end, ce serait bien. Calisson part 3 jours, Captain Boss a pris son billet d'avion, aller simple, pour aller naviguer (cherchez l'erreur, il se peut qu'elles soient plusieurs). Je ne peux pas partir, je déménage, je dois tout organiser. Lundi je dois aller aux impôts récupérer les papiers qui vont bien pour régler mon dossier de résiliation de bail, mais aussi laisser le local à la team informatique qui change le parc du 58, réserver un gros camion sur le oueb pour le 16 octobre, et bien sûr, mettre my stuff dans des boîtes.
Elm. Quelqu'un qui porte le nom d'un arbre ne peut pas être mauvais. Je ne pense pas qu'il connaisse ma passion pour les arbres. J'aimerais savoir. J'ai ma petite idée mais aucune certitude.

J'ai avancé dans mon polar: page 70, 2 autres viols assortis de meurtre, probablement provoqués par strangulation à l'aide de la ceinture des victimes.
Monsieur le L ne vit pas dans le même monde que nous, a décrété Calisson ce soir. N'empêche qu'il lit Othello, King Lear et Macbeth. Quand je lui ai dit que ma pièce préférée était Hamlet, il a dit que c'était la prochaine sur sa liste.
Et moi j'aimerais être la prochaine sur sa liste. Mais ça ne se dit pas.

22.9.05

Petit Bateau

Captain Boss a senti l'appel du large. Il l'a bien mérité, j'espère qu'il aura ses 3 jours de mer et qu'il rentrera bronzé et en pleine forme. Quant à moi je tiens bon la barre au 58. Faut juste que je dorme un peu plus.

Ce matin dans l'horoscope: niveau forme, moi, tendue. Captain Boss: stress. Eh ben avec ça on a quand même réussi à se taper de bons fous rires. Du grand art. Peut pas expliquer, hors contexte ça ne passe pas.

J'ai passé une excellente journée. On a bouclé les retours qui traînaient depuis une semaine.

La consigne du jour: on développe le polar. Alors Captain Boss a dit "les filles, faut lire des polars, on peut faire mieux que ce qu'on fait pour l'instant." On se serait presque cru chez McDo. Résultat on a fait nos têtes de pioche, tant et si bien qu'une heure plus tard Captain Boss levait les yeux au ciel "Ca va, si ça vous branche pas faut pas non plus vous forcer, c'est juste que ce serait bien, mais si ça vous paraît insupportable tant pis!"

Alors j'ai embarqué un polar d'un Suédois qui s'appelle Ake (avec un rond sur le A) Edwardson, le titre c'est Je voudrais que cela ne finisse jamais. Ca commence bien, page 33 et déjà une nana qui s'est fait violer, sur les lieux d'un meurtre qui remonte à 5 ans auparavant. Jusqu'ici j'avais des cauchemars mondains, maintenant je vais rêver sanglant. Ca va me changer. Non, sérieusement, je pense surtout que ça va améliorer mes insomnies, quand je flippe sur un bouquin je n'en dors pas.

Ce midi, j'ai déjeuné seule. Par contre pour le café j'ai été accompagnée (après mes 33 pages de polar) par le retour de Monsieur le L. Nous étions tous les 2 en tête-à-tête, nous avons parlé d'Owen Noone & Marauder, longuement du Maraudeur, lui aussi préfère ce personnage. L'échange de points de vue était intéressant: Monsieur le L trouvait Owen très humain dans tous ses excès, quand moi je retenais surtout l'aspect froid et manipulateur, le côté "tout me réussit quoi qu'il arrive". Mais nous en reparlerons car Monsieur le L n'a pas encore fini le roman, et la fin est excellente. Ce roman est un rêve d'ado, selon Monsieur le L. L'évènement rock et littérature de la rentrée, selon moi. Je n'en démordrai pas. Dommage que Douglas Cowie ne continue pas à écrire sur la musique, il me l'a dit, son prochain roman n'aura rien à voir avec le précédent.

Monsieur le L participera à mon déménagement. Il a même proposé d'être là pour la partie 11e ET pour la partie 13e. J'étais assise, bonne chose, je ne m'y attendais pas. Il disait que ce serait tout de même mieux de commencer à 10h plutôt qu'à 11h. Il faut que je lance un sondage pour avoir l'opinion de mes équipes, là-dessus.

Je me sens détendue ce soir après le taekwondo. Je crois que pour me vider de la tension que j'accumule à une vitesse stupéfiante ces jours-ci, il faudrait que j'aille courir tous les matins. Problème: c'est incompatible avec mon sommeil capricieux, qui fait que je ne dors bien qu'entre 5h et 8h.

Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai un polar à lire, moi. Ca rigole pas, attention.

On s'habitue aux fins du monde

C'est le titre du nouveau roman de Martin Page, l'auteur de comment je suis devenu stupide. Ce type a un don pour les titres. Après, pour les romans, ça se discute, d'ailleurs je n'ai pas encore lu On s'habitue aux fins du monde, faut que je m'y mette, juste pour me faire une opinion.

Ce matin aspirateur et vaisselle pour laisser l'appart nickel, que l'agence puisse faire visiter et re-louer le plus vite possible. C'est pas comme si j'avais les moyens de me payer 2 apparts en même temps.

Café. La sensation d'avoir trouvé un petit frère en Steve, quand il me prend dans ses bras pour m'aider à envisager d'affronter la journée. Ensuite boulot. Super speed. Tous les représ qui se pointent sans rendez-vous, j'adore. Résultat des courses: je me suis retrouvée à aller déjeuner à 14h45, 2e fois en 2 jours, ça commence à être pénible. J'ai failli défaillir. En plus ça coupe le rythme de la journée, pas le temps de finir ce que j'ai commencé, sentiment de vivre 5 journées en 1, déjà qu'1 c'est crevant... suis lessivée.

J'ai trouvé d'où me venait ce cauchemar lié aux cocktails mondains: ce soir, fiesta d'éditeur, dans le 3e arrondissement. J'avais retrouvé l'invitation qui traînait au sous-sol samedi dernier, sans savoir où ça avait lieu, sans avoir confirmé ni rien. C'était passé dans mon inconscient sans crier gare et au bout du compte, cauchemar. Pourtant ce soir, j'ai trouvé où c'était, je n'ai pas eu le vertige et je ne me suis pas perdue dans le métro. En progrès.

La soirée en question était sympa. Revu des gens de mon travail d'avant. Tombé sur Chouchou en pleine forme. Savais pas qu'elle avait prévu de venir. Heureuse surprise.

Danser. Calisson a été ma complice de piste, elle est rudement chouette. Besoin énorme de me défouler, et pourtant ce n'est pas comme si je n'évacuais pas le trop plein de tension 3 fois par semaine au taekwondo. Autre forme de défoulement: hurler sur des morceaux des années 80 dont je connais toutes les paroles par coeur en sautillant frénétiquement sur place et pas toujours en rythme.

Par contre, comme a dit Chouchou, les gens de la boîte où se déroulait la soirée n'étaient pas forcément très urbains:"C'est un peu truffé de cons ici non?"J'adore son sens de la synthèse.

Déception. Ce n'est pas ce soir que je verrai Captain Boss danser. Je ne l'ai jamais vu danser. Danse-t-il parfois?
Je suis en plein sevrage, j'ai décidé que je levais le pied sur l'alcool, c'est plutôt une bonne résolution, dans le genre. J'ai tenu. Hier soir, pas de bière, et ce soir, jus d'orange et jus d'ananas. Je vais autant aux toilettes mais je rentre en marchant droit et je me réveille un peu moins nauséeuse.

Petit bonheur du jour: reçu des mails tout au long de la journée. Ca me permet de ne pas crouler sous la masse de boulot et d'avoir quelques bulles d'oxygène pour me détendre. Découvrir quelqu'un qui me fait rire. Même si le dernier mail était plus dur, plus calmement désabusé, sans illusion. C'est tellement rare de trouver un boulot qui plaît, où les gens ont des atomes crochus les uns avec les autres. La solitude que ça engendre quand l'alchimie ne prend pas. On y passe tant de temps...

Besoin de me sentir entourée, de près. Je déteste déménager, ça fait un grand vide au creux de l'estomac, il vient de là le vertige. J'ai peur de me sentir toute petite, perdue, loin. Peur irraisonnée et sans fondement donc impossible à calmer. Envie de m'abrutir, m'étourdir, pour ça, interdit de boire, trop risqué, me méfier et ne pas jouer avec mes limites.

Danser ça va. Voir des gens ça aide. Leur écrire ça me donne le sourire. Trouver n'importe quoi pour tromper la fatigue, la mettre en sourdine. Comment récupérer sans vacances... J'ai pas trouvé la clé. Juste continuer, mode automatique, s'investir dans plein de projets, ne pas réfléchir, mettre un pied devant l'autre. Pas une fuite en avant pour autant. Un choix fait à un moment, auquel il faut se tenir, parce que ça en vaut la chandelle.

Surfer la nuit, à défaut de dormir.

Partagé un haïku ce matin que j'ai trouvé très joli.

une rose pale
la pluie lui glisse
dans le cou

brrr.
Merci ad. Présence rassurante, sais pas pourquoi. Sais comment: là. C'est beaucoup.

20.9.05

multi-tache pour tâches multiples

Comme d'hab, le bon sommeil réparateur arrive sur le coup de 7h du matin alors que je me fais des séances de fixage de plafond à 4h du mat... Du coup je n'arrive pas à me lever, je suis de mauvaise humeur, j'arrive au café avec la trace de l'oreiller incrustée dans la joue, des petits yeux, et je suis incapable d'articuler, je grogne.

Mais tout ne peut pas aller de travers. Steve mon barman préféré (en rude concurrence avec Bibou mais bon) a repris du service le matin et il me donne toujours le sourire:"bbl ma chérie je sais ce que tu bois le soir mais point le matin" "Ah ben oui je carbure pas à la bière à 9h... ce sera un café steupl"

Horoscope dans le Parisien, niveau forme ça devait être un truc genre "stationnaire", ça m'a flinguée, vu la loque que j'étais hier... Et dans Libé j'ai lu qu'ils (hem, les scientifiques, un truc dans le genre) voulaient enfouir les émanations de CO2 dans le sol pour diminuer l'effet de serre. J'ai eu un vague malaise en imaginant la terre gavée de CO2 plus que de nature, prête à exploser sous nos pieds. Je me dis que je suis nulle en physique donc c'est pour ça que ça me met mal à l'aise, que ces gens-là doivent savoir ce qu'ils disent et ce qu'ils font... voeu pieux, hein?

Puis je suis allée rejoindre Captain Boss et Calisson au 58. Aussi explosé que moi, le Captain. On fait des concours de zombi tous les 2 en ce moment, on a du mal à dire qui est le plus crédible... Malgré tout la journée s'est très bien passée, on a fait des blagues de libraires, un client qui nous demande où se trouve le tabac:"Un peu plus loin sur la droite" répond notre petit Calisson et Captain Boss qui enchaîne:"Ah ben oui et puis Pars Vite et Reviens tard aussi." et il enchaîne sur 4 ou 5 titres de polars comme une histoire sans queue ni tête. Moi pétée de rire, Calisson qui nous regarde comme si on était tarés, alors je lui sors le roman de Fred Vargas, elle comprend. L'humour de libraire vaut bien celui des nerds informaticiens parfois... souvent en fait.

L'auteur de polar qui habite au-dessus m'a dit qu'il n'avait pas publié mon commentaire sur son blog parce qu'il s'était fait spamer, 2000 commentaires par jour... Ca me fait froid dans le dos, je ne saurais pas comment enrayer ça, avec mes compétences informatiques trouvées dans un paquet bonux.

J'ai réussi à aller déjeuner à 15h. Bel effort.

Demain, tournage à Rocket City, un téléfilm, va y avoir de gros camions partout. Le bar sera fermé à partir de 17h30. Et l'atelier de lutherie du fond de l'impasse sert de décor aussi. D'ailleurs pas vu Monsieur le L depuis 4 jours, je suppose que ça anéantit les points que ma tactile tactique m'avait peut-être fait marquer. Zut alors.

J'ai fait découvrir les Happy Tree Friends à Patfoot et Obiwan (glabre), ils ont apprécié. Ca me fait plaisir. Pour tous ceux qui ne connaissent pas, le lien est à droite sur votre écran, entre The Office et Oun Pais Tropical, par contre âmes sensibles s'abstenir, surtout si vous aimez les petits animaux très mignons qui font des bruits super kawaï. Ca finit toujours dans la douleur - et le sang.

Journée de travail très satisfaisante malgré l'humeur au départ assez massacrante, qui a évolué vers un temps couvert puis dégagé, voire franchement ensoleillé en fin de journée. Dommage, la nuit est tombée, l'insomnie n'est pas loin, ça tombe bien faut que je fasse des cartons.

Rhâ.

19.9.05

20 minutes de sieste = faille spatio temporelle de 2h30

La nouvelle est tombée cet après-midi: mon cerveau défectueux n'avait pas compris la semaine dernière que les cours d'anglais ne commençaient pas aujourd'hui mais dans un mois. Ca m'arrange, vu mon état.

Du coup, à 16h30, je me suis dit, avec les yeux qui papillonnent et un bon gros mal de crâne:

Tiens, si je me faisais une petite sieste de 20 minutes histoire de recharger les batteries?

Il est presque 19h et je viens d'émerger. Mon sommeil a cette capacité particulière, quand je dors en journée, de me faire sombrer dans des failles spatio temporelles que je ne maîtrise pas. Comme dirait Mom, "C'est que tu en avais besoin." C'est sûr, c'est une bonne chose sauf que se réveiller juste avant un entraînement de taekwondo, ce n'est pas l'idée du siècle. Je vais être dans le pâté et j'ai le visage tout froissé, avec la marque de l'oreiller dessus.

J'ai fait un rêve dément pendant cette sieste, mais je ne me souviens pas très bien. A un moment j'ai eu un vertige énorme, j'étais dans un hall d'immeuble comme en haut d'un très haut escalier, sauf que ce n'était pas un escalier, ou alors à ce niveau-là ça s'appelle un toboggan vertical, 5m de hauteur de plafond. Je me suis retrouvée scotchée au sol avec une peur panique incontrôlable.
Ensuite je devais aller à une soirée, un cocktail mondain -encore, pfeu- et je ne me souvenais pas d'où c'était ni avec qui j'avais rendez-vous, et la ville où j'habitais avait le métro mais ce n'était vraiment pas Paris... mais Paris bis, une ville où je ne vis que dans mes rêves.

Vivement le boulot, c'est plus raisonnable.
Parce que si s'asseoir c'est mourir, faire la sieste c'est pire.

18.9.05

Pxxxx de Bxxxx de Mxxxx

Passé ma journée à déplacer des trucs pour les mettre dans des cartons. Des bouquins, surtout. Ce soir, j'envoie un mail pour informer tous ceux qui disent être mes amis que je déménage dans un mois, et que ce serait chouette de leur part de venir me filer un coup de main. But de l'opération: plier de pxxx de déménagement en 2h.

Je suis en train de démonter ce qui me servait d'armoire (très très moche, soit dit en passant), et impossible de trouver un tournevis à bout plat. J'ai 2 cruciformes, mais pas un seul à bout plat. Le plus beau, c'est quand même que j'en ai eu un entre les mains dans le début de l'après-midi, dans un coin, quelque part... mais où... l'agencement a changé 15 fois depuis, et dans un excès d'intelligence il se pourrait même que je l'aie balancé dans un carton, dans le genre utile...

Résultat va falloir que je refasse un aller-retour au 58 Rocket Street pour en prendre un. Et me débarrasser de cette armoire -très très moche, je persiste, et que je démonte pour la balancer à la poubelle ce soir- pour faire en sorte que mon clapier à lapin soit présentable pour les pigeons qui viendront visiter ce 17m² de rêve qui se loue à la modique somme de 550 euros par mois.

Mais non je ne suis pas énervée. Ce n'est pas du tout mon genre. Grumpf.

17.9.05

Eh, t'as fait combien?

C'est le refrain entre le 56 (chez Homère) et le 58 (chez nous) sur Rocket Street. Et aujourd'hui on lui en a mis plein la vue à Homère, on a pulvérisé le chiffre d'affaire. Pourtant, ce n'était pas joué d'avance, c'était jour de compta et le Boss déteste ça. Comme si on le punissait à la cave sans lumière. Il tempête, le Capitaine, d'ailleurs je crois que ce sera son nouveau nom, Captain Boss.

Ce matin, je faisais la librairie buissonnière, j'étais au taekwondo. On a fait des coups de pied sautés et c'était la 1ère fois que je tentais de nouveau celui sur lequel je me suis blessée en décembre dernier. Je flippe à mort. Sur les autres, je flippe un peu, mais pas autant que sur celui-là. Frustration maximum parce que ce coup de pied-là, je l'aime bien. La route est longue, bon sang, j'en vois toujours pas le bout.
Failli avoir une crampe dans l'épaule à force de tenir la cible, ridicule comme courbature, quand on en connaît la cause. Dans le vestiaire, une des nouvelles recrues féminines:"Comment vous pourriez me vendre votre club pour me persuader de m'y inscrire?" Ca m'a sciée. Il n'est pas à vendre, mon dojang! Enfin, je suis restée zen, juste dit:"On se met pas sur la gueule." Ca a eu l'air de la convaincre. Tant mieux parce que j'avais pas envie d'en rajouter.

J'ai eu la visite de Patfoot à la librairie ce midi après l'entraînement. Il a parcouru 2 fois Rocket Street avant de trouver le 58, entre lui et Obiwan (sans la barbe aujourd'hui) qui, lui, voulait trouver le 58 sur la rue de Charonne... Pas facile.

Demain, repos. Mais comme j'irai probablement chercher des cartons au 58, je suppose que je resterai bosser un peu pour que Captain Boss puisse faire un break... Jusqu'où va se nicher la conscience professionnelle, quand même.

16.9.05

S'asseoir, c'est mourir

Ce matin, je ne travaillais pas, répit jusqu'à 15h. Ca tombait bien, j'avais un article à rédiger pour le magazine où je fais des piges. Un gros article, jamais testé ma plume critique sur ce calibre, alors un peu inquiète. Je pensais me lever tôt, comme d'hab, écrire, puis prendre mon sac et filer à l'entraînement de taekwondo avant d'attaquer la demie journée de boulot.

Sauf que.

Je suis fatiguée. Je ne me plains pas, je ne fais que constater. Je me suis dit: si tu es fatiguée, alors repose-toi. Tu as toutes les raisons d'être fatiguée et tu dois écouter ce que ton corps te dit. Puisque tu as la chance ce matin d'avoir les yeux qui se referment tout seuls, que l'insomnie ne te ronge pas le sommeil, alors sombre au creux de l'oreiller.

Ce que j'ai fait.

Jusqu'à 9h45, le téléphone a sonné. Mom. Evidemment.

Alors je me suis levée, je suis allée chasser mon petit déjeuner au Franprix, et je suis rentrée pour écrire mon article. J'ai passé 2h dessus, à essayer d'être claire et concise sur un livre d'une densité impressionnante. Sans faute d'orthographe ou erreur de syntaxe. J'espère. Et l'heure tournait. Il était déjà 13h.

J'ai donc enfourché mon vélo direction Rocket Street. Je sentais mes paupières encore engourdies. L'air frais et humide aurait dû me mettre une bonne claque et me réveiller enfin mais non, dans le coton jusqu'au bout. J'entre au bar, je demande un café s'il-te-plait Bibou, il est joli ton tee-shirt où c'est écrit dessus OBEY comme un ordre donné à tous les clients qu'il regarde droit dans les yeux, Bibou. Bibou me dit:"Alors, on se la pète dans Libé aujourd'hui?" et moi, assommée:"NOon!!! C'est vrai que c'est aujourd'hui!"

Et là, article dans Libé, en bas de page, le nom du Boss, et le mien, BBL, bien orthographié, et tout plein de petits détails comme j'aime sur le 58: le portrait de Pérec, la vache au plafond, les yeux qui pétillent... Oui, aucun doute, c'est bien de nous qu'il s'agit, cet article est touchant, personnalisé, on ne peut pas confondre.

Elated. Douce ivresse de la fatigue avec pincement à l'estomac, l'émotion. Regarder par dessus mon épaule et contempler le chemin parcouru. Avec le sentiment d'être arrivée au port, un endroit fixe comme point de départ et d'arrivée de toutes nos aventures.

Comme la venue du grand Russell Banks dans nos murs.
Un monsieur d'une gentillesse et d'une disponibilité incroyables pour une sommité de la littérature américaine. Qui a lu de voix de maître la fin de son dernier roman pas encore sorti en France. Un public attentif, tous ces gens qui ont poussé la porte du 58 pour venir voir le bonhomme. Suspendus à ses lèvres. Vivre un moment unique, le genre d'évènement qui me rappelle, même si c'est un métier exigeant, pénible, fatigant, qui demande beaucoup de temps et de passion, de patience et de force, pourquoi je suis libraire. Pourquoi j'aime ça et pourquoi je suis heureuse de ne pas avoir pris un chemin différent.

Aujourd'hui le mail d'Obiwan (qui m'a fait fort plaisir), me qualifiant de star internationale pour cause de mon nom cité dans Libé. Mais non, ne pas se tromper: l'article parlait du lieu, de son âme, et la star, c'est le 58 Rocket Street et l'énergie que le Boss met à l'habiter.

15.9.05

tactique tactile

tactile: 1- Du toucher 2-inform Se dit d'un périphérique qui réagit au simple contact du doigt.

tactique: 1a Art de diriger une bataille, en combinant par la manoeuvre l'action des différents moyens de combat et les effets des armes. b Cette manière de combattre pendant la bataille. 2 Ensemble de moyens habiles employés pour obtenir le résultat voulu; stratégie.

Sur les conseils de S, je passe à une nouvelle phase offensive.

Un autre post ce soir pour donner des nouvelles du grand Russell.

13.9.05

Au radar

Dans les vappes. Je n'avais pas été dans le coltar comme ça depuis bien longtemps. Enfin il me semble. Il se peut que j'aie mauvaise mémoire...

Pourtant réveillée tôt, comme d'hab. J'ai rêvé de mon vélo et de la librairie, ainsi que d'un chat qui servait de moyen de transport (genre bus, merci mon voisin Totoro, merci les minicats de James). Résultat j'étais claquée au réveil. Je ne savais même plus si j'avais laissé mon vélo au 58 ou bien s'il était en bas de chez moi. Quand j'ai vu la selle devant la porte, j'ai trouvé la réponse. Bon, d'accord, ce n'était pas très difficile.

Quand je suis arrivée au bar ce matin, il était encore tôt, le temps de lire un peu. Monsieur le L est passé rien que pour me faire une bise et un grand sourire. J'aurais - presque - eu envie qu'il me prenne dans ses bras, fermer les yeux 5 secondes pour faire le plein de chaleur humaine, me sentir juste bien, pour aller affronter la journée.

Petit Calisson est arrivée, toute pimpante, puis le Boss, visiblement plus apaisé que la semaine dernière. Petit déj au bar pour tout le monde. Puis boulot, où les tâches se sont plutôt agréablement organisées. Le Boss a découpé les cartons que j'avais mis de côté pour mon déménagement, malgré mes initiales taguées au marqueur en gros dessus... J'ai trouvé un nouveau manche pour le balai en fouillant dans la réserve de cartons à la recherche de rescapés. Le genre de détail qui fait plaisir, du coup j'ai bien balayé tout le trottoir devant le 58. Qui a dit que le métier de libraire n'était pas plein de surprises et de diversité?

Puis MonitoringS est passé ce soir pour aller boire un coup, je suis contente qu'il soit rentré de vacances, il m'a manqué, comme un pote très proche peut vous manquer. Surtout qu'il est blindé d'ondes positives depuis qu'il a changé de boulot et de chérie, peut-être même bientôt d'appartement...

J'ai pris une menthe à l'eau et tout le monde m'a regardé de travers, alors ensuite j'ai pris une bière, et ils ont eu l'air rassuré. Je l'ai même trouvée bonne, cette tite bière, alors que l'idée ne ravissait pas mon estomac.

Demain nous recevons le grand Russell Banks. Foule en perspective. Grosse journée, avec stress en cadeau bonus. Pour ce soir, finir Sous le règne de Bone et dormir.

12.9.05

Sur les bancs de l'école

Mission du jour: après-midi à l'école des libraires.
Objectif: parler de la formation aux apprentis en qualité d'ancienne apprentie et libraire à l'heure actuelle.

A cette occasion j'ai pu revoir Hubiguane. Un vrai plaisir que de causer à un troupeau de 40 personnes avides de notre parole divine en sa compagnie. On a tenté le numéro du flic gentil et du flic méchant. N'a pas marché, fatalement, je ne me sentais bien que dans le rôle du flic méchant et lui aussi.

J'ai attaqué sur le mode: "L'école, c'est chouette, parce que pendant 1 semaine vous pouvez décompresser de vos 3 semaines en entreprise." Rires. "Attention, je ne dis pas que l'école c'est parfait. Déjà vous êtes très nombreux cette année alors attendez-vous à des couacs d'emploi du temps. Les cours sont intéressants dans l'ensemble, et puis vous apprendrez des tas de choses. Grosso modo, tout ce que vous apprenez ici va vous servir... à un moment ou à un autre?" je regarde Hubiguane, je me dis que j'ai peut-être été un peu optimiste sur ce point, qu'il me confirme. "Plutôt un autre alors" dit-il avec un grand sourire.

J'avoue, on s'est fait plaisir. On a dit des bêtises, j'en ai peur. Hubiguane:"Ca fait vraiment très prof de dire soyez attentifs, non?" Je réponds:"Soyez vous-mêmes ce sera déjà pas mal." Ce n'était pas facile de leur expliquer comme ça tout ce que l'école allait leur apporter. D'autant que c'était leur 1er jour, et qu'ils ne réaliseront la véracité de nos propos qu'au terme de leurs 2 ans de formation pour la plupart. Ou bien je ne leur fais pas assez confiance, c'est possible aussi. J'ai eu peur que mon élocution ne soit approximative et au final je m'en suis bien sortie. Belle perf si on considère qu'en ce moment je bafouille beaucoup. Belle perf si on considère que je bafouille beaucoup en français en général.

Je confirme ce sentiment que j'avais eu à la vue de petits collégiens la semaine dernière: je suis heureuse d'avoir fini mes études. Voir l'angoisse se peindre sur les visages quand nous avons évoqué le mémoire à rédiger pour l'examen du BP... ou même seulement les divers examens... Je me revois à leur place. It is not a pleasant thing to see again.

Avec Hubiguane, nous sommes allés boire un verre (de jus de pamplemousse en ce qui me concerne, mon estomac est encore fragile) chez Petit GG (copain d'école aussi qui était en charge de l'autre groupe d'apprentis). Il a adopté 2 chatons: un gris et un orange. Ca se bagarre, ça a des griffes acérées et ça bouge tout le temps. Et c'est plus petit qu'un pied d'Hubiguane, d'où une question existentielle:"Tu ne marches jamais dessus?" Je n'ai pas pu m'empêcher de visualiser son pied et, en-dessous, 4 pattes et une queue qui dépassent... Gore.

Ensuite métro et visite du 58 Rocket Street pour mon ami provincial. Pris un dernier verre au bar (une menthe à l'eau, non, ça ne va pas mieux), l'occasion d'établir une constante dans la tendance lunatique de l'auteur de polar qui habite au-dessus (quand il n'est pas au café). Il me fait la bise systématiquement si mon décolleté est suffisament échancré. Boys will be boys.

Brèves de comptoir (sans comptoir) de samedi soir à la soirée de l'Asso, merci Chouchou:
Au sujet du nombre de bières que Chouchou a bues et de sa capacité à ne pas aller aux toilettes toutes les 10 minutes:"J'ai les reins pourris mais au moins je peux faire confiance à ma vessie." Un grand moment.

Au sujet de ses soucis sentimentaux qui sentent la fin d'une histoire, Chouchou:"Mais faites pas cette tête, c'est pas la fin du monde." Moi:"C'est pas ça, c'est juste que j'ai envie de vomir" et mon Calisson (surnom de ma nouvelle collègue qui vient d'Aix en Provence) "Et moi j'ai des problèmes de paperasses avec la sécu et ça me soule." Chouchou, haussant les épaules:"Ah bon, j'ouvre une autre bière alors."


Dans les histoires peu réjouissantes, parce que je ne vis pas dans le village des schtroumpfs: le coup de fil passé à my Mom ce matin. Nervous breakdown on the way. Je déteste l'entendre pleurer. Je déteste ce sentiment d'impuissance à l'aider. Elle a dû aller voir sa toubib cet aprèm, qui lui aura prescrit de quoi l'assommer de substances chimiques pour que la vie lui fasse moins mal. So be it.

Ce soir, entraînement. Keumgang en entier pour la 1ère fois. Larguée mais très très ravie. Déjà Koryo c'est tout bizarre d'avoir le droit de le faire, maintenant Keumgang, avec la position Keumgang maki en akdari seugi c'est joli (je viens de piocher le nom sur le site du Kukkiwon, je fais ma maligne). Bon, pour l'instant comme je n'y arrive pas ça ressemble à rien quand c'est moi qui le fais mais sur les autres c'est beau. Constater que c'est fini de jouer quand en self- defense mon partenaire ne me fait pas de cadeau et m'offre une résistance à laquelle je ne suis pas accoutumée. Ronger mon frein de reconnaître que je ne peux plus monter ma jambe aussi haut depuis ma blessure de l'hiver dernier, soucis d'équilibre dès que l'appui est sur la jambe gauche. Etre patiente, encore. Continuer à travailler, toujours. Et compter les ampoules sous les pieds, en espérant que ça cesse un jour, parce que ça fait super mal.

Tiens, pas vraiment eu de week-end cette semaine. Boaf, on verra la semaine prochaine.

11.9.05

doux comme un dimanche après-midi pluvieux

Une semaine épuisante.

La dédicace de Douglas Cowie et une soirée en compagnie de 4 journalistes épuisants tant ils sont branchés. Pour se remettre on a fait la fermeture du bar avec le Boss, il fallait bien ça. Sauf que ce n'était quand même pas bien raisonnable, vu la gueule de bois du lendemain... 5h de sommeil plus loin, j'étais au Forum des sport du 11e en bonne compagnie, je n'avais pas encore évacué tout mon alcool, drôle de sensation de se retrouver là, dans cet état.

Le casque m'est tombé dessus dans l'après-midi, dans la chaleur du 58, bien vaseuse. M'a fallu une aspirine et du courage pour finir cette journée embrumée de coton et douloureuse derrière les yeux.

Soulagement de voir le Boss partir en week-end, se mettre un peu au vert et récupérer. La soirée de vendredi a eu cet effet positif d'évacuer la vapeur dans la cocotte-minute avant qu'elle n'explose. "Ca fait du bien de parler un peu" et "Il se rend pas compte SuperA que quand il vient il me met une pression de fou!".

On se fait espionner. Quand on bosse sur Rocket Street, tout le monde sait ce que vous avez fait la veille. Au Boss, on a dit:"Dis-donc, vous avez pris un pot super tard hier soir." "Comment t'as vu ça toi?" "Ma fenêtre donne sur le bar." A moi, ce midi:"Dis-donc, il dort dans la réserve ton Boss en ce moment?" "Pourquoi tu dis ça?" "Sa moto n'a pas bougé de l'impasse." "Il est parti en week-end en voiture." Impressionnant. Rassurant, aussi? En quelque sorte, je suppose.

Et je travaille aujourd'hui, j'ai passé l'aspirateur et le balai, dedans comme dehors, j'ai décollé un chewing-gum collé dans le tapis avec des glaçons du bar, j'ai retapé tous les rayons. Et des gens sont là, flânent, discutent. Homère est venu me faire un baise-main, l'auteur de polar qui habite au-dessus ne m'a pas snobée et doit continuer à compter ses conquêtes pour gagner son super concours de tombeur avec son pote...

Tout va bien, après une bonne nuit de sommeil réparateur. Musique d'ambiance mélancolique, pop douceureuse pour un dimanche après-midi de septembre.

8.9.05

been there & back

4h30 de sommeil... pas suffisant pour recharger les batteries. Ce matin le réveil a sonné à 6h et j'ai mis une demie heure à comprendre qu'il fallait que je me lève.

Energie maximum (du matin) pour espérer être à l'heure, à 8h à Catcity. Traversée de Paris en RER, jusqu'à la Défense, de là prendre le train de banlieue, arrêt Right Bank of Catcity, entourée de forêt et de pavillons. Descendre dans le RER, avec la musique dans les oreilles, assise. Attendre que le temps passe, je n'arrive plus à lire dans les transports, d'autant plus qu'avec mon manque de sommeil, je suis à plat, pas bien, pas fraîche.

Changement pour le train de banlieue, La Défense à l'heure de pointe le matin. Je pense aux gens qui se tapent ce calvaire tous les jours. Que je me suis tapée tous les jours pendant mes études, 1h15 matin et soir. Je me sens opressée, j'ai envie de mordre tout le monde, laissez-moi de l'air, je n'ai plus l'habitude. Il fait beau dans la banlieue d'où je viens, c'est agréable de marcher. Il est 8h05, les mômes sont en route pour le collège, et je suis heureuse d'en avoir fini avec l'école. Ne plus avoir le ventre noué à l'idée d'une interro qui tomberait. Ne plus me demander si j'ai réussi mes devoirs, si je vais avoir de sales notes ou réussir à m'en tirer sans trop de bobo. Je me dis que l'enfance est difficile, tant d'exigence, au final, pour quoi? Pour quelles perspectives d'avenir? Se taper 2h de transport tous les jours, pour un boulot la plupart du temps abrutissant et peu rémunérateur...
Je mesure ma chance.

Mom est heureuse de me voir.
"J'avais peur d'être en retard." Il est 8h10.
"Tu connais ton frère, il dit 8h, ça veut dire 9h."
"Je sais, mais je me disais que peut-être pour une fois?"
"Non, comme d'habitude."
Le temps de prendre un thé en sa compagnie. D'échanger nos nouvelles. M'a demandé si j'avais eu des nouvelles de Charlie. Ben non. Raconte mon concert de la veille, comme c'était bien. Raconte ma fatigue des 2 derniers jours. Constate que je n'ai pas à me plaindre. Elle a l'air triste et fatigué. Je n'aime pas la voir comme ça, mais je n'ai aucun moyen de l'aider si ce n'est d'être là. Etre adulte et comprendre qu'on ne peut pas aider les gens contre leur gré, même les plus proches.

Mon frère est arrivé à 9h, fidèle à son retard. Il a signé le papier dont j'avais besoin, content de me rendre service.

En 2 minutes ils m'ont flingué le moral, les 2, là. Ils m'ont annoncé leurs convictions politiques pour les prochaines présidentielles et je sais bien que nombre de gens vont faire comme eux. Voter pour le séduisant discours d'un type sous coke, démago comme pas 2 qui promet des réformes, mais qui va foutre la moitié de la population française sur le carreau. J'ai peur de voir ça. Ca me file la chair de poule. Pourtant je ne suis pas une fine mouche en politique, mais ce type en qui ils croient, moi, je le sens pas.

Je suis rentrée sur Paris. Fait le chemin en sens inverse:"Philosophy is talk on a cereal box, religion a lie and and a fall, I'm not aware of too many things, I know what I know and you know what I mean".

Toujours ce malaise dans le RER. Combien voteront pour ce type?

Arrivée sur Bastille, je suis sur la ligne 1. J'ai hâte de retrouver l'air libre. Retrouver mon quartier, avec son lot de barrés de la caisse, de faux punks, de vrais alcoolos, de jeunes branchés pas forcément drogués. Je remonte Rocket Street et le malaise qui m'oppressait la poitrine s'évanouit peu à peu. Je m'installe au bar, je commande mon café. Nouveau serveur, fin de l'été. Nouvelles serveuses, aussi. Finalement il est plus facile de connaître les gens de mon côté du comptoir que du leur, où le turn-over est impressionnant. Alors que nous... on reste fidèle à nos petites habitudes de piliers.

Notre Heureuse Apprentie me rejoint, le Boss n'est pas loin derrière. Il a l'air claqué, elle a l'air en forme.

A midi nous partons déjeuner avec des copines de NHA, elles parlent fac et cours, de carrière et de plan d'avenir. Je vis mon bonheur au jour le jour. Un aspect que je trouve rassurant dans la vie active: on n'a plus à imaginer ce qu'on veut devenir plus tard. On le devient, un petit peu plus tous les jours. Pas d'examen, que du contrôle continu. Moins stressant. Moins de pression.

En rentrant, le livreur nous attend avec une quinzaine de cartons. Cerumen (mon distributeur détesté) a livré en avance cette semaine. Rhaaaaa! Je vais jamais m'en sortir, j'en ai marre de ne faire que du déballage. Pas le temps pour autre chose.

Mais un rayon de soleil au 58. Monsieur le L entre, dit:"Je n'ai plus rien à lire." Je lui ai mis Jazz et vin de palme de Dongala au Serpent à Plume dans les mains:"J'ai pensé à toi quand j'ai vu ce livre, je me suis dit que ça pourrait te plaire. Mais je n'ai pas pu te l'offrir, ton anniversaire était déjà passé." Il a lu le 4e de couv, et a répondu:"Ca a l'air super." Il est resté une dizaine de minutes dans la librairie, à regarder, faire un tour. Je lui ai parlé du concert de la veille. Je lui ai proposé de venir à la dédicace de Douglas Cowie, demain soir. Il a dit qu'il passerait.

Puis ce soir, entraînement de taekwondo sur un parquet qui mange les pieds. Tout neuf, j'ai les pieds en feu. Je commence à me sentir bien par rapport à ma nouvelle ceinture. A apprécier de rester debout quand les autres vont s'asseoir. Je commence à comprendre.

Comprendre qu'il faut de la patience et que la route est longue.

le gros ours

Je me dis qu'il est sûrement temps que la fin de l'été arrive. D'abord, il continue à faire affreusement chaud et j'en ai marre d'être en sueur au boulot, désagréable autant pour le client que pour moi. L'angoisse de savoir que le déodorant a ses limites, le métier de libraire est un challenge.

Ensuite, j'arrêterai d'alimenter ce blog tous les jours au terme de l'été. Il n'attire plus autant les commentaires qu'au creux du mois d'août, légitime, puisque la rentrée nous occupe tous autant que nous sommes. Je ferai 1 ou 2 mises à jour par semaine, la qualité n'en sera que meilleure, je sens que je n'arrive pas à avoir assez de recul en ce moment pour tout tourner en dérision. Les évènements se bousculent, trop vite, pas le temps de décanter, mes synthèses sont chiantes...

Malgré tout:
concert d'Oldelaf et Monsieur D ce soir, suivi des Petites Bourettes. L'occasion de chanter, danser et taper des mains très fort, tellement plaisant pour décompresser d'une journée bien remplie, en compagnie de plein d'amis.
Vivement le prochain concert.
Me ferais bien un paquet de Pépito (ou de Granola) pour le souper. Après la douche pour laver l'odeur de lama fatigué.

Acquisition de la journée:
Un magnifique tee-shirt avec, imprimé devant, la couverture du roman de Douglas Cowie, Owen Noone & Marauder, à arborer fièrement vendredi soir pour la dédicace! "Mister Cowie, do I need to tell you that I'm a great fan of yours?" Tous les gens à qui je l'ai montré sont jaloux. Ca valait le coup, en plus ça ne prenait qu'une demie heure à fabriquer.

Demain matin expédition à Catcity, je dois y être à 8h du mat' pour récupérer des autographes familiaux qui m'autorisent à résilier le bail qui me lie à la rue des boulets. Coup de chance que le frangin soit sur Paname. Puis passage à la Poste pour envoyer le recommandé. Ne me reste ce soir -cette nuit?- qu'à rédiger ledit papier à signer.

Pas encore fatiguée. Juste un tantinet sur les nerfs, rien de grave.

6.9.05

ondes positives en perdition

Ce blog n'est pas le mur des lamentations. Je garde ce leitmotiv en tête. Pourtant aujourd'hui gros énervement pour moultes petites raisons triviales. L'effet de l'accumulation. Le stress des autres qui contamine, je prends sur moi pour laisser passer l'orage alors que j'aurais eu envie d'y mettre un grand coup de parapluie en travers du visage à cet idiot avec sa foudre et son tonnerre, toujours à faire son malin.
Une journée correcte, même des évènements chouettes. Trier le soir pour équilibrer les colonnes positives et négatives: effet positif de ce blog sur ma personne et ma façon de voir les choses.
Coté positif:
  • repré charmant, qui me propose d'aller à une soirée samedi soir qui devrait être fort sympathique;
    déjeuner avec notre apprentie, qui apprend à laisser passer la tempête, ployant et ne cassant pas;
  • pas de courbatures, on peut aller jusqu'au dynamisme? même que oui;
  • nouvelles dédicaces en perspective: Véronique Ovaldé pour Déloger l'animal, et Gilles Rozier pour La promesse d'Oslo. Le mois de septembre est américain, le mois d'octobre sera français;
  • 2 cafés offerts par Maître M, le temps d'apprendre que Monsieur le L serait en train de se transformer, mais reste à déterminer en quoi;
  • vendu 2 exemplaires du poussin le plus gros du monde, un livre excellent qui me fait rire chaque fois que je le raconte, pour les enfants de 2/3 ans.

Coté négatif:

  • décalage de la dédicace de Russell Banks du 15 septembre au 14 septembre, merci l'éditeur pour ce ratage, tout l'effet d'annonce est à refaire;
  • manque un titre dans la livraison pour la dédicace de Banks, nawak... je sens l'angoisse poindre, pas encore reçu les Cowie pour la dédicace de vendredi soir;
  • livraison Cerumen (distributeur bouché, et ça fait mal) à 14h, 4 jours de retard, pas encore fini de le déballer ce soir à la fermeture, mais félicitations d'un amie/consoeur sur le mail énervé par la colère que j'avais rédigé dimanche à leur propos;
  • personne n'a voulu de mes belles affiches Russell Banks, ni au bar ni Homère dans la boutique d'à côté;
  • l'impression d'être un punching-ball, injustement.

Voilà, 5 points négatifs pour 6 positifs, la balance est faite: bonne journée, je suis claquée mais ça valait le coup.

J'ai vendu quelques exemplaires du roman de Douglas Cowie, Owen Noone & Marauder, le roman le plus rock de la rentrée. Un roman qui m'a donné envie de reprendre la guitare et le chant d'un seul coup et sans complexe. Ca va être un massacre en bonne & due forme. Yeaaaaaah...

5.9.05

Nude on the moon

Hier soir dîner chez P et E, rue Popinshort. Malgré l'absence de Chouchou, nous passâmes une soirée agréable.

P est originaire de l'est de la Caroline du Nord, juste au-dessus de la Georgie, état où se trouve une belle ville nommée Athens. Les B52's ( dont je suis une fan inconditionnelle qui possède tous leurs albums) sont de là-bas, ainsi que R.E.M. (que j'aime bien aussi mais moins inconditionnelle et loin d'avoir leur discographie complète). L'occasion de parler musique avec P, qui nous a fait écouter un autre petit groupe local dont l'un des titres est:"Walk Like A Camel". Ils sont tous fous dans cette région, en fait.
Notre conversation a également abordé nos névroses obsessionnelles concernant les livres: P et E venaient juste de construire leur bibliothèque et je leur ai demandé pour quel mode de classement ils avaient opté. Ils ont le même que le mien: aucun classement raisonnable ou raisonné. Voire un peu de provoc: mettre 2 auteurs qui se détestaient cordialement côté à côte.

Ce matin je suis allée chez le coiffeur, qui m'a demandé depuis combien de temps je n'avais pas fait couper mes cheveux. J'ai réalisé que c'était au mois de mars, avant le Salon du Livre. Je pourrais en déduire que c'est l'effet Charlie... mais point de conclusion hâtive. Comme a dit le coiffeur:"Ils avaient besoin d'une coupe."

Puis j'ai rempli 2 cartons, moitié livres, moitié fringues. Il faut que je passe au 58 pour prendre des rouleaux de gros scotch et un marqueur. Je me sentirais presque du courage pour emballer mes affaires, aujourd'hui.

Je suis allée déjeuner avec G, avec qui j'étais partie en vacances en Bretagne au mois d'août. Elle allait bien, et sortait elle aussi de chez le coiffeur. Avons comparé les ventes de Houellebecq comme on compare ses scores au flipper. Pathétique. J'ai acheté l'album d'Aston Villa. La 1ère chanson s'appelle Rockmusic, et l'un des titres d'album qu'il cite (principe de la chanson) est Planet Claire. Ce mois de septembre est décidément très B52's. Aston Villa me fait beaucoup penser à Prohom (et inversement).

Comme disait Oscar Wilde
Le seul moyen de se délivrer
De la tentation, c'est d'y céder
-de jour comme de nuit, Aston Villa-

Dimanche non chômé

Je m'autorise une journée sans post aujourd'hui (enfin cette nuit). Je vais aller me coucher car je suis fatiguée. Pour la grasse mat' ce sera un autre jour.
Demain: préavis pour l'appart, coiffeur (si j'ai le temps), déjeuner avec les filles du magasin d'avant, rangement, cartons et taekwondo.
Heureusement que j'ai le boulot pour me reposer les autres jours de la semaine...

4.9.05

flicaille everywhere

On se serait cru dans un film d'action ce soir: militaires en camions, convoi de flics avec armada anti-émeute (lance-incendie et tout et tout), sirènes haut volume... Non, chez nous pas d'ouragan dévastateur ni d'inondation à l'asiatique (pardon, on dit à l'américaine maintenant), juste un petit accident vasculaire présidentiel. Mais il paraît que ce n'est pas grave, je suis rassurée.

Le vrai film d'action, c'était The Island. Après 2 échecs la 3e tentative fut la bonne. On a fait pique-nique au sous-sol du 58, mangé comme des chancres et bu de l'eau à bulles (on avait du mal avec la bière, on n'y arrive pas tous les soirs). On a levé le camp fissa en constatant que l'heure tournait et on a loupé toutes les bandes annonces MAIS le film commençait juste quand nous avons posé nos postérieurs dans les fauteuils de la salle obscure. Un chouette film selon mes critères personnels: scènes violentes et invraisemblables, des gros sous pour casser plein de voitures, de motos volantes et de gros camions, mais aussi pour faire chuter nos 2 héros du haut d'un gratte-ciel, les laisser atterrir dans un filet qui leur sauve la vie et les voir s'en tirer avec 2 éraflures très sexy sur l'arcade sourcilière du non-moins sexyssime Ewan McGregor et un léger étranglement dans la voix de la jolie Scarlett.

Commentaire de Rienquemoi:"Quand tu fais une chute pareille et que tu atterris dans un filet, y a pas moyen, tu finis en chips!" Eh bien non, pas SuperEwan.

Quelques pinailleries du côté de l'uniforme blanc qui se salit puis devient propre à la séquence suivante (dur dur d'être costumier), et également la voiture du sponsor d'Ewan qui ouvre une fois la portière du côté droit, puis séquence suivante, côté gauche... J'ai une admiration sans limite pour Scarlett Johanson qui garde son teint magnifique d'un bout à l'autre du film, malgré des évènements déroutants et perturbants.

Fort distrayant, je le recommande, sauf si comme Rienquemoi les scènes de violence gratuite et poursuites de bagnoles à grand renfort de bande sonore - très sonore - vous indiffèrent, voire vous insupportent.

Semaine de fous, mais demain c'est dimanche... et je travaille. Je n'ai pas dû dormir plus de 5 ou 6 heures par nuit depuis 5 jours, je suis naze, je suis trop sortie cette semaine. Besoin de m'étourdir pour ne pas réfléchir. Surtout laisser Charlie le plus loin possible du squattage d'encéphale.
Même si je mets en place l'opération vengeance de la cocotte enflammée je sais que Charlie dispose d'antidotes grâce à sa connaissance intime des rituels mystiques chinois. Faudrait de la cocotte niveau 15 et un lance-flamme pour espérer le détruire, ce fantôme. Pourtant je le croyais disparu pour de bon, comme quoi j'aime me bercer d'illusions.
M'est souvenu, aujourd'hui, lui avoir dit après la dernière soirée fiasco:"Je suis débordée pour les 5 mois qui viennent." C'était fin mars. Aujourd'hui 3 septembre, si je compte bien.
Mais je réfléchis déjà trop. S en vacances à Marseille me le confirmerait s'il était à Paris.

Fond sonore du jour: James Blunt / You're beautiful (parce que j'ai le coeur d'une midinette).

3.9.05

Hey, et si on allait voir The Island ce soir?

Oui, ben même topo que mardi soir: on n'a pas décollé du bar, donc on a encore râté la séance de cinoche, dur. On avait des trucs importants à se raconter avec les filles du 2 rue D. Alors à la place du ciné on a bu des bières et mangé junk chez MucDu. Je n'en suis pas bien fière, d'autant que je viens de rentrer, il est 1h35 et je suis à l'entraînement à 10h demain matin, en pleine forme. Oops.

D'ailleurs pas trop de courbatures après la reprise hier soir. Je m'attendais à vraiment pire et en fait non. Que du plaisir de reprendre, l'impression de libérer le corps des excès du mois d'août (note: penser à ne pas faire la même chose au mois de septembre, peut-être?). Mais ne pas s'y tromper, ce n'était pas non plus une promenade de santé. J'ai eu les mollets en jambon de Bayonne hier soir malgré le mot d'ordre du Grand Maître:"Décontracté!" Sentiment agréable de retrouver une tribu où je me sens bien, de revoir ces gens avec qui j'ai ce truc de ouf en commun.

La journée fut bonne. Beaucoup de gens au 58, et pouvoir faire découvrir de nouveaux romans. Pourtant les difficultés commencent: l'un des distributeurs n'a pas livré son lot de nouveautés aujourd'hui et nous plombe donc une partie des ventes de ce week-end. Nous n'avons pas reçu Owen Noone & Marauder de Douglas Cowie et je suis très en colère. Vidé un paquet de crocodiles Hariboooo à 3, j'ai de la concurrence niveau vitesse et quantité, tant mieux, j'en mange moins, je ne me suis pas pété le bide.

Par contre je suis fatiguée alors je vais aller me coucher fissa.

Demain soir, on a dit avec les filles du 2 rue D qu'on irait voir The Island. Je ne suis pas complètement convaincue qu'on va y arriver, on en est à 2 échecs critiques sur ce coup-là. Des fois qu'on croise un bar en chemin...

1.9.05

come back inattendu

Son nom tient en 3 lettres et il était question de tuer quelqu'un dans sa bd, il est pseudo journaliste et travaille pour un canard qui fut engagé à une époque révolue... Appelons ce personnage Charlie, juste pour rire.

La journée s'annonçait radieuse malgré une météo déprimante. Commencée avec l'arrivée de notre nouvelle recrue au 58, qui se débrouille comme un chef. Donc très bien, et plein de gens, plein de livres (Houellebecq score à une petite trentaine ce soir), des cartons jusqu'au plafond (boulot ou chez moi, même combat). Au bar tout le monde au rendez-vous, les vacances sont finies, on est encore content de se voir le midi, bonne ambiance même si Maître M était d'une humeur massacrante, Kiki la chienne totalement déprimée (façon carpette, limite descente de lit, il s'agit d'un vrai 4 pattes de race canine, ce n'est pas un surnom vulgaire), Monsieur le L qui se fait tout petit devant l'humeur de son Maître, Pimprenelle égale à elle-même, c'est-à-dire adorable.

Le Boss a acheté des bonbecs, faut dire qu'il m'a vue me décomposer à la vue du Charlie sur son vélo devant la vitrine. Charlie, que je n'ai pas vu depuis 5 mois, depuis la soirée privée du Salon du Livre où j'aurais voulu lui mettre mon poing dans la tronche. J'ai regardé le Boss et je lui ai dit:"C'est maintenant que je prends la barre de fer pour lui péter les genoux?" tout en sachant que je n'en avais aucune envie. Affreux. J'ai traité ce type de tous les noms d'oiseau les moins flatteurs et les plus orduriers que je connaisse, j'ai réussi à ne plus penser à lui 15 fois par heure et hop, il revient, la bouche en coeur, me raconter ses histoires, comme si de rien n'était. Il a suffi que nous discutions quelques instants pour que je me souvienne pourquoi il me plaît. Ses projets, ses voyages, ses anecdotes et son humour à la con. Sa belle gueule. Sa façon d'être décalé. Son regard quand je dépasse les bornes en insolence à son égard, limite malpolie, jamais il ne se vexe. Ma provocation n'est que mon moyen pitoyable pour me sentir exister en sa présence, espérer le blesser autant qu'il m'a fait mal. Son intérêt que je devine sincère même si la manipulation n'est jamais loin. Ce type est brillant, et parfois même il l'est tant qu'il en devient con.

- Tu prends des pauses déjeuner, parfois? me demande-t-il.
- Oui, Charlie, je déjeune même tous les midis, je suis un être humain.
Le regard... la vanne passe au-dessus et il ne lâche rien.
- Alors si je t'appelle on pourrait déjeuner?
- Peut.
Je m'apprête à lui donner une carte de visite.
- Je l'ai déjà ta carte, me rappelle-t-il. Et ton numéro de portable.
Je me souviens, il s'était mis à genou devant moi dans une soirée mondaine pour me demander mon numéro, littéralement à genou, ce n'est pas une figure de style.
- Ah oui c'est vrai, au Salon du Livre. Par contre toi tu m'avais filé un faux numéro.
Et vlan.
- C'est vrai? Oh je suis désolé.
Menteur. Je suis sure que tu mens et tu le sais très bien.
Il me donne sa carte professionnelle, "dessinateur-reporter", et son numéro de portable. Il part un mois en reportage en Patagonie. Il rentre d'un mois en Birmanie chez Guy Delisle. Il n'a toujours pas déménagé. Il sort 2 BDs en 2006. Le Boss lui a proposé de venir en dédicace. J'avais envie de m'enterrer 6 pieds sous terre. L'amour propre en prend un coup. Son attitude est indéfendable, et ma baisse de garde pathétique.

JolieJ m'avait toujours dit:"Ce type, à 30 ans, a déjà du poil dans les oreilles, comment peux-tu avoir envie de ça???" J'ai pas vu de poils dans ses oreilles, et pourtant j'ai bien regardé. Je n'ai même plus ce prétexte-là.