31.8.05

Carton n°1

Dans mon 1er carton, des CDs. Ceux qui ne me manqueront pas cruellement pendant 1 mois et demi de séparation. Choix difficile. Plein de nouveaux albums à sortir en cet automne 2005. Je ne garderai donc auprès de moi que peu de vieux CDs pour me gaver plutôt de Dionysos (mais tu lèches mes lacets?) dès que je l'aurai récupéré auprès de mon dealer préféré de la rue des 3 bornes. Peut-être aussi le nouvel Aston Villa, s'il est bien, je dois aller l'écouter à la Fnuc d'abord.

Mettre quelques CDs en pension au 58 Rocket Street. Ceux qui ne font pas boîte à rythme pour ne pas agacer le Boss (éviter les B52s, fatalement). Renouveler notre programmation musicale. Brailler sur des chansons qu'on connaît par coeur, parce que les heures de boulot passent plus vite dans ces conditions, et les cartons de bouquins pèsent un peu moins lourd.

Aujourd'hui dernières heures de boulot de l'ectoplasme. Il a mis la journée à déballer 3 cartons. Il a fait son lot de conneries, comme tous les jours. J'ai renoncé à les noter, il en fait trop. Ne plus avoir à supporter son haleine fétide. Ne plus avoir à prendre sur moi pour ne pas lui mettre une claque derrière la tête quand il a l'air d'une poule devant un ouvre-boîte. Ce soir on a fêté son départ autour d'une bière. Sans lui. Sa conclusion sur son expérience dans la plus belle librairie du monde:"Je n'aime pas le commerce, je n'aime pas faire de la caisse, je n'aime pas le contact avec les gens." Ah ben oui, tu m'étonnes qu'il n'était pas dans son élément le garçon.

Je vais aller au boulot en vélo tous les jours, pour ramener des cartons sur mon porte-bagage tous les soirs, et me lever à l'aube tous les matins, pour remplir ces mêmes cartons. Avoir une idée du mouvement perpétuel et de cet aspect si pationnant (cf. <20six.fr/ounpaistropical> concernant l'orthographe de ce mot à l'étymologie riche de sens) dans la nature, qui n'aime pas les vides. Je m'auto-proclame donc très nature, comme personne, vu ce que le vide ne dure jamais bien longtemps en ma présence. Par contre quand on dit que rien ne se perd rien ne se crée tout se transforme, je reste sceptique. Je ne perds rien, certes, mais j'ai aussi le sentiment très net que des générations spontanées (et successives) de livres sont nées (donc création) dans ce minuscule studio de la rue des Boulets.

Don't panic.
Don't panic.
Don't panic.

RHAAAAAAAAAAAAA!

2005 l'année du tout ou rien

0 ou 1, c'est du binaire. Jusqu'ici, que des zéros (environ).

Quitte ou double, comme on préfère, aussi, ça marche.

C'est le moment ou jamais. Bien bu, (bien) mangé, entre autre. Une excellente soirée. Papotage avec Chouchou au bar, avec le Boss aussi parce que boire des bières avec lui ça fait partie des soirées du 58 Rocket Street, incontournable. L'alcool nuit gravement à la santé, au moins autant que les cigarettes. Je me dois de le rappeler. A chacun d'en tirer ses propres conclusions.

D'abord, je déménage a priori le 16 octobre -peut-être le week-end d'avant selon avancement des cartons.
Donc, demain, dès que je serai dégrisée: PANIQUE A BORD!!!

Ensuite, j'ai émis une menace, bien sournoise. Dis à Chouchou, ma vieille complice: " Soit j'envoie cette carte qui moisit chez moi à O3J (mon amour platonique de mes 13 ans et demi), soit je roule une pelle à Monsieur le L au moment où il s'attend le moins et devant tout le monde." Ben oui, tant qu'à taper dans le 0, autant faire dans du zéro absolu, après tout. Je suis quelqu'un d'assez entier. Zéro est-il un nombre entier? Je suis une littéraire, je rappelle, juste pour les commentaires désobligeants que je devine se profiler à l'horizon.

Chouchou a dit:"Ah non, tout sauf une rechute de Monsieur le L. Envoie cette p... de carte."

Dont acte.

A 1h du matin ce soir (hem) j'ai posté cette p... de carte.

Dénouement à venir (prévoir soit queue de poisson c'est-à-dire aucune suite soit dead end c'est-à-dire impasse soit possibilité c'est-à-dire un 1 sur mon échelle de binarité => notez, un zéro et un zéro' sont en course, ce n'est pas bien rationnel tout ça, peut-on parler de rationalité quand il s'agit de mathématiques informatiques?) ou pas. C'est selon.

Demain dernier jour de l'ectoplasme au 58. Encore un bon panier de boulettes aujourd'hui. Il est temps que cela cesse, et pour de bon.

Demain matin (tôt) visite médicale visant l'obtention d'un certificat médical autorisant la pratique de mon bel art martial j'ai nommé le taekwondo, parce que la rentrée c'est jeudi soir, en ce qui me concerne. Je bouillonne d'impatience. C'est ma drogue à moi que j'ai ce truc de ouf.

Douglas Cowie en dédicace le vendredi 9 septembre au 58 Rocket Street pour un pur moment de rock'n'roll. Tout le monde est cordialement invité, ça permettra à tout ce monde mentionné de s'extasier sur la plus belle librairie du monde qui a le culot de s'offrir pour septembre: un nouvel éclairage, un carrelage tout neuf (ou presque), un article dans Libé, Douglas Cowie ET Russell Banks.

Eh ouais, la rentrée pourrait être pire. J'ose même dire qu'elle aurait du mal à être mieux.

Une aspirine avant le dodo et tout ira bien demain aussi pour ce dernier jour d'août.

29.8.05

Suspense insoutenable

Demain je saurai à quelle sauce je vais être mangée, C m'a laixssé un texto, elle a la réponse pour son 2e entretien. La sauce en question, c'est pour le déménagement, s'il se passe en octobre ou en décembre.

Dans l'absolu, octobre, c'est chouette, c'est une date proche donc je suis vite partie de mon clapier à lapin MAIS ça va être la panique, pression maximum pour faire tous les cartons dans les temps. Décembre, c'est chouette aussi, parce que j'ai le temps de donner mon préavis et d'organiser la logistique MAIS c'est loin, c'est dans 3 mois! Et me connaissant, si je sais que ce n'est pas pour tout de suite je vais m'y prendre au dernier moment (boaf, ça va, j'ai encore le temps, si je faisais un tétris sur ma game boy?) et paniquer en fin de compte. Oui, ce déménagement m'angoisse, comme tous mes déménagements. Je dois être maso parce que ça fait quand même le 5e en 5 ans...
Typiquement, aujourd'hui j'ai eu une attitude de personne raisonnable qui anticipe bien les évènements à venir: je me suis levée à 11h, et j'ai passé l'après-midi à faire des jeux sur mon ordinateur, ça c'est constructif, ouaip, je ne suis pas très fière de moi sur ce coup-là.
Pour redorer mon image, je peux dire que j'ai fini le roman d'Olivier Adam, Falaises, sorti aux éditions de l'Olivier vendredi dernier. Je serais de mauvaise foi en disant que c'est parce que j'ai fini ce roman hier soir très tard dans la nuit que j'ai dû faire la grasse mat'. Ben oui, je l'ai fini à 23h, le roman en question... M'a filé le bourdon. C'est très beau, mais dans le genre triste et désespéré... Le héros - un certain Olivier - évoque ses souvenirs d'enfance, entrecoupés par des flashes du présent. Le petit Olivier a perdu sa mère à l'âge de 11 ans et ne garde aucun souvenir antérieur à cet évènement. La douleur de perdre sa mère et d'avoir un père qui vire mal, un grand frère qui l'emmène dans ses délires d'ados en perdition (sex drug and rock'n'roll mais dans le glauque, pas dans le festif), et au final portrait en creux de la personne qui lui donne la force de continuer à vivre, sa femme, la mère de sa fille. Mais il n'est pas sauvé pour de bon, loin de là, il marche encore et toujours sur le fil, l'équilibre est précaire... il boit beaucoup et a du mal avec l'humanité en général. L'histoire est dure, mais le texte est magnifique, sans misérabilisme, avec une sensibilité à fleur de peau. Très beau, très triste.

28.8.05

Sundae

J'ai cassé un verre hier soir avant d'aller me coucher. J'ai réussi à ne pas me couper en récupérant les morceaux (exploit), et j'avais même le sourire: c'est toujours ça de moins à déménager!

C'est stressant les déménagements. Surtout que ce genre de chose prend beaucoup de temps à préparer. Et si je déménage dans un mois, va falloir que je m'y mette sérieusement... Ramener des cartons du 58 tous les soirs pour les remplir et avoir de nouveau cette foutue impression que je n'en viendrai jamais à bout. Rien qu'en bouquins je pense en avoir pour une bonne quarantaine de cartons (de taille raisonnable parce que les cartons culturels sont ceux que les potes venus aider au déménagement maudissent le plus). L'enfer. "Et tu les as tous lus?" "Euh, plus ou moins" "Et tu comptes les relire?" "Euh, plus ou moins" "Punaise mais pourquoi tu les gardes???" Hem. Promis je vais essayer de me débarrasser de certains d'entre eux, leur trouver des familles d'accueil...

Balancer toute la paperasse. Ca c'est super agréable par contre: ah, ça j'en ai pu besoin, c'est ter-mi-né (compte-rendus de réunion d'association à l'époque où on ne stockait pas encore toutes les infos sur CD, par exemple).

Angoisse: mon appartement fait 17m². Je dois stocker tous mes cartons dans ce lieu de façon intelligente A SAVOIR je dois laisser un espace de circulation. Quand j'ai emménagé, les piles de carton allaient jusqu'au plafond, et ce n'est pas une figure de style. RHAAAAAAAAA!

Respire, respire, respire. C'est dimanche, je vais prendre le thé avec les filles du 2 rue D tout à l'heure pour parler de notre blog à trois.

Date du jour: 28 août. Question: Continuer après le 31 août ou non?
Ce blog me prend du temps à alimenter. Mais je m'amuse beaucoup. Alors j'hésite. Surtout quand je découvre de nouveaux lecteurs. Décision du jour: continuer déjà jusqu'à la fin de l'été, ce qui nous amène au vendredi 23 septembre. Eh oui, l'été n'est pas fini, même si c'est la rentrée!

26.8.05

Post inoffensif

Perplexe: qui hésite, ne sait que penser, que faire dans une situation embarrassante. Inquiet; embarrassé, hésitant, indécis (merci Robert). J'aime bien ce mot, perplexe, sa sonorité, 2 syllabes à bien articuler, pour en saisir toute la complexité. Comme pour pleutre. On peut y mettre tout son mépris à le prononcer celui-là, pl'euuuutre (en claquant la langue contre le palais).

Ce matin, RV avec mon représentant préféré au bar. Je lui avais donné l'adresse du blog, parce qu'il m'avait avoué s'ennuyer au boulot, mois d'août oblige. Et il me lit, ce qui me touche beaucoup. Que les gens lisent quelques mots, pour voir, une fois, c'est déjà énorme, mais qu'ils reviennent lire la suite, ça me fait tout drôle.

Mon représentant préféré m'a fait rire, et quand j'ai RV avec lui je sais que la journée sera bonne. Il m'a raconté l'histoire de Superlapin (à lire aux enfants à partir de 4 ans) et je me suis bidonnée, bonheur. On a discuté, plus que d'habitude je crois, probablement parce qu'au bar c'est plus facile que dans le cadre pro stricto sensu. Il m'a dit:"Ton blog m'a appris que tu aimais bien les bras." Certes oui! Et la bière. Nous avons aussi parlé de ce pays magique qu'est l'Islande, de trolls, d'elfes, de volcans et de la terre qui tremble sous les pieds.

Puis je suis retournée au 58. L'auteur de polar qui habite au-dessus est venu commander un livre. J'avoue ne pas savoir sur quel pied danser avec lui, ce type est lunatique et je ne vaux guère mieux. La brèche qu'il avait ouverte à mon attention, il l'a colmatée bien vite, d'un silence redoutable et efficace. Je ne lui en veux pas, je posais des questions et il ne voulait surtout pas que j'essaie de comprendre ses angoisses et ses cauchemars - impressionnants, quand on lit ce qu'il écrit.

Le Boss avait une petite mine ce matin. Il a décidé d'annuler ses vacances dans les îles à l'autre bout du monde avec son fils aîné. Aïe. Notre comptable d'un jour par semaine nous a annoncé que nous allions devoir nous passer de ses services à compter du 1er septembre: elle a obtenu une bourse qui lui permet de poursuivre ses études. Re-aïe. L'ectoplasme est toujours parmi nous. J'ai fait part de ma théorie au Boss selon laquelle l'ectoplasme est en réalité une entité extra-terrestre qui aspire notre bonne humeur et notre belle énergie dans ses soupirs. "Oh non, il est juste super neuneu."

Nouvelle d'importance capitale: Russell Banks en dédicace au 58 Rocket Street en septembre. Date exacte à venir.

Nouvelle d'importance capitale: dans 15 jours un article sur le 58 Rocket Street dans Libé.

Vu mon traducteur préféré ce midi, un gars adorable. Très bavard et le coeur sur la main. M'a proposé spontanément son aide pour mon déménagement même si nous nous connaissons à peine. Exactement 10 ans d'écart et nous partageons la plaisante illusion de vieillir moins vite que la moyenne, du fait de nos anniversaires en fin d'année. Sentiment d'avoir quelque chose de précieux en commun. Une forme de complicité.

25.8.05

Blood makes noise

Je ne pensais pas donner le cafard à quiconque... Surprise.

Cette introspection fait suite au mariage de JolieJ, mais pas seulement. J'exorcise le pokemon, faut m'excuser.

Fin de l'été.
Le soleil se cache derrière les nuages, les gens rentrent de vacances avec des souvenirs plein la tête et nulle envie de se replonger dans la routine du boulot. Maître M disait ce midi:"On dirait que tout le monde retient son souffle en attendant que nos vies de fous reprennent."

Je vais habiter sur une place. J'aime cette idée: être au croisement de plusieurs voies, où il fait bon se poser pour faire le point. Garder l'esprit ouvert à toute opportunité. En faire un point de rassemblement. Nettement mieux qu'une impasse. Psychologiquement bien plus intéressant.

Boucler des boucles pour avancer.

Week-end de la Toussaint en 1999.
N, collègue disquaire de la fnuc, m'a proposé d'aller passer le week-end dans un manoir normand. L'un de ses amis est propriétaire de cette bâtisse. Je ne connaîtrai personne là-bas à par lui.

J'avais fait la connaissance de N après un concert de Blur. Il avait été très déçu alors que j'avais sautillé frénétiquement 2h sur place en pleine extase. Ca nous a permis de nouer le dialogue:"Ah mais je suis pas d'accord avec toi, c'était le feu ce concert" "Non mais ça va pas, il chantait les yeux fermés Damon Albarn et en plus ils ont joué trop peu de chansons de 13." "Pfff n'importe quoi." Bref.

N était venu passer une nuit chez moi. Un soir, après le boulot, il m'avait appelée:"Tu fais quoi? Tu crois que je peux passer te voir?" J'ai accepté. Nous avons joué aux cartes une bonne partie de la nuit, il est reparti vers 4h du matin. J'avais le sentiment d'avoir rencontré une âme-soeur, ce qui ne m'était jamais arrivé auparavant. Le genre de personne avec qui tout est évident: point besoin d'argumenter pour se comprendre.

N avait une amoureuse. Donc aucune ambiguïté. Ben voyons.

N m'avait gravé 3 compilations (il était disquaire). J'étais dans un trip de musique déprimante à l'époque et il avait bien compris mon état d'esprit. Il appelait ça des kits de suicide relatif. Pour tous ceux qui ont lu High Fidelity de Nick Hornby, on sait ce qu'offrir une compilation (surtout pour un disquaire) représente.

N m'avait invitée à ce week-end "manoir".
Un endroit incroyable. Une allée longue de 50m, bordée de chaque côté d'arbres immenses. Un parking blindé de voitures.
J'avais embarqué mon sac de couchage et des vêtements de pluie, N m'avait prévenue, le lendemain c'était balade dans le domaine obligatoire, et vu le climat, valait mieux avoir des chaussures étanches.
Le temps était humide. La fête avait lieu au rez-de-chaussée. Les pétards se fumaient au 3e étage. Ma chambre - que je partageais avec un couple formé d'une actrice de sitcom et d'un caméraman - se trouvait au 2e.
Des couloirs immenses, plein de portes. Des toilettes sur le palier peintes en rose bonbon, étonnant, je m'en souviens encore.

La fête, dans la salle de réception: trois salles en enfilade, basses de plafond, avec pour tout meuble les tables des buffets. Dans un coin, dans la 2e salle, des fauteuils et une table.
Il fait froid, tout le monde est en gros pull. L'ambiance est excellente, absolument pas bruyante. L'amoureuse de N danse sur la piste. N m'explique que 2 ans auparavant, c'est là qu'ils se sont rencontrés, qu'ils ne se sont pas quittés depuis. Et le type avec qui elle danse, c'est son ex.

J'ai passé la soirée à discuter à cette table avec N, avec de la magie dans l'air. Pas une fois son amoureuse n'est venue nous rejoindre. Puis sur le petit matin, bien des bières plus tard, nous avons tous regagné nos pénates respectives.

Le lendemain, il bruinait, la campagne était très verte. J'ai aidé à peler les pommes pour préparer les trois immenses crumbles (pour 35 personnes environ).

Le sentiment d'être suspendue dans le temps et dans l'espace pendant quelques heures. Après le crumble, une partie de tarot, à 5 mais à une tablée de 15. Une main comme jamais je n'en avais eue, double poignée et trois bouts. Pour 2 des 5 personnes, cette partie était leur première. J'ai remporté le seul grand chelem de ma vie.

Puis nous sommes rentrés. La vie à la fnuc a suivi son cours et notre complicité a pris quelques coups de couteau au fil des mois.

L'été suivant N est allé rejoindre son amoureuse partie enseigner au Chili. Pour ma part, je démissionnais de la fnuc pour suivre une formation professionnelle dans le milieu du livre.
Deux mois plus tard il rentrait, ne supportant pas la vie à Buenos Aires.

Nos chemins se sont séparés, je ne sais pas ce qu'est devenu N.

Playlist du kit de suicide relatif vol. 1

Blur - Sing
Jeff Buckley - Mojo Pin (live)
The Smiths - I know it's over (live)
U2 - Love is blindness (live)
Sophia - Directionless
Radiohead - Street Spirit (fade out)
Sinead O'Connor - Troy
P. J. Harvey - The River
Gorecki - Symphony n°3

un soupirail, des soupiraux - et des soupirs

"L'amour c'est offrir quelque chose que l'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas." Attention je cite du Lacan, là. Vision pessimiste qui colle bien à l'esprit de la soirée. Falling out of love. Que les amoureux cessent de s'embrasser pour que cessent de vous hanter l'image de la personne avec qui rien n'est possible.
Quelque chose que l'on n'a pas: l'amour ça se vit à deux, donc ne peut exister que s'il est partagé, je suppose. Alors offrir du rien à quelqu'un qui -en plus- n'en veut pas, ça n'a aucun sens. Et pour ne pas en vouloir, il n'en voulait pas, ça non.

S'arrêter et regarder un peu derrière soi: trouver un (des) moment(s), une (des) décision(s) qui ont influé(s) sur l'orientation de sa propre vie.

Dublin, été 1999. Fini ma Maîtrise, dans la douleur. Je prends des forces. On m'a offert un séjour en Irlande pour me remettre à niveau avant d'entrer en DEA, avec comme perspectives d'avenir les concours (agreg beurk) et une thèse (fiction et fictif dans l'oeuvre de Tom Stoppard), des années d'études à la con (à mon sens) et aucun moyen financier pour m'arracher de cette banlieue qui me pèse (mais pas autant que l'emprise familiale).
Dublin, avec Jr. Avec Jr que j'ai voulu dans ma vie très très fort, Jr rencontré dans cette assoc' à la fac. Jr le 1er jour où je l'ai vu:"Dommage qu'il soit déjà avec quelqu'un parce qu'il me plaît." Jr qui se retrouve célibataire et qui s'intéresse à moi alors que je suis complètement larguée dans ma vie qui ne ressemble à rien.
Jr qui, au bout de trois semaines à Dublin, me propose de rester quelques mois sur place, de trouver un petit endroit pour nous deux, de prendre notre temps.
Et moi qui flippe. Moi qui dis:"Peux pas, tu comprends pas, c'est pas possible!"
Moi pas prête. Moi morte de trouille. Moi pas capable de lui faire confiance. Moi pas assez forte, toute petite encore dans ma tête.
Aujourd'hui je sais que j'aurais dû, oser m'appuyer sur lui et cesser enfin de me méfier. Je ne le trouvais pas assez solide pour gérer mes angoisses et me rassurer. Je suis quasi certaine avec le recul qu'il en était tout à fait capable.
C'est moi qui tout planté sur ce coup-là. Si cette fois-là, j'avais su avoir confiance en lui, ma vie ne ressemblerait en rien à ce qu'elle est maintenant, j'en suis sûre. Ne serait-ce que parce que je suppose qu'on ne serait pas rentrés en France de sitôt.

Me dire que si je pouvais revenir à ce jour, mon choix serait autre.

Il vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. C'est ce qu'on se jure de faire. Ce que je pensais être capable de faire. Or je ne peux que constater que je suis passée à côté de certaines choses. Mais il est trop tard, au moins pour l'Irlande.
Disons que ma vie a pris une voie différente.

Envie de dire à Jr: I'm sorry I messed it up. I was too weak, under pressure, unable to trust you. I hope you live a wonderful life now. I hope you'll read this and smile. Thank you for the wonderful memories, thank you for all you offered me, I was unfair not to realise it at that time. You had the strength to make your dreams come true.

Faire confiance.
Laisser l'autre approcher, savoir se laisser faire, parfois.
Oser construire à 2. Ne pas fuir.

23.8.05

Just a perfect day

Ce matin, temps gris, vent frais, quelques gouttes de pluie. Pas de doute, le mois d'août touche à sa fin. C'est un temps de rentrée et je reprends du service au 58 Rocket St.

J'ai pris mon café avec Maître M qui m'a raconté ses soucis: son bail au fond de l'impasse n'a pas été renouvelé. Du coup, la lutherie pourrait fort bien fermer et il n'a pas envie de se battre pour trouver un nouveau local, c'est la 2e fois que ce genre de mésaventure lui arrive. Je lui ai trouvé un air très fatigué.

Le Boss était déjà là, il ouvrait. Il m'a fait visiter le plus bel endroit du monde, là où nous travaillons, version après travaux. C'est lumineux, l'espace s'en trouve agrandi, métamorphosé! Nous avons rangé le bazar qui restait, et reçu de nouveaux cartons, plein plein plein, c'est la rentrée: George Hagen et la famille Lament, Dantec, Nothomb, mais pas encore Houellebecq. Dès qu'il sera là celui-là, on n'entendra plus parler que de lui, le pénible.

Coup de fil aujourd'hui: voulez-vous avoir Russell Banks en dédicace? Bon, c'est avant la sortie de son livre, et puis ça tombe en plein pendant les vacances du Boss. Ca me paraît mal engagé. Dommage, j'aurais bien aimé le rencontrer, et même si ce n'est que partie remise, quand même...

L'Ectoplasme est toujours là. J'ai trouvé une raison à sa présence au 58: tout marchait si bien, il nous fallait un malus, un truc qui enraye la machine, sinon tout serait parfait. C'est l'Ectoplasme. Ce type ne comprend rien à rien quand on lui parle. Il avait une tronche de déterré en arrivant ce matin: "bah alors, qu'est-ce qui t'arrive?" "J'ai pas dormi de la nuit."
Je veux bien que l'ambiance soit détendue en ce lieu, mais la règle d'or est: tu prendras autant de cuites que tu voudras et autant de nuits blanches que ton corps le supportera mais toujours au boulot tu assureras. L'Ectoplasme en est incapable, il n'assure pas du tout. Le Boss a failli péter un câble. Moi aussi. Bon, ça nous a fait rire autour de nos verres respectifs au bar ce soir, bien sûr, mais c'est difficile à gérer dans le quotidien du magasin, un élément qui déconne autant. Vivement que notre nouvelle recrue vienne le remplacer, je suis certaine qu'elle fera rapidement partie de notre petit monde en y apportant sa touche personnelle.

J'ai décidé de cesser de parler de Monsieur le L sur ce blog. Ce soir marque un point final à mes élucubrations à son sujet. J'ai vaguement mal au coeur en annonçant ça (je ne suis pas tout à fait honnête mais j'ai ma fierté) et ce soir Monsieur le L a quitté le bar une fois de plus en compagnie de Pimprenelle. Disons que je me contenterai des apparences pour tirer mes conclusions.

J'ai porté des chaussures à talon toute la journée et j'ai mal aux pieds. Il paraît qu'on s'habitue au bout d'un moment. Le côté positif des talons, c'est que ça m'oblige à me tenir droite. L'inconvénient, c'est que j'ai les pieds explosés...
Demain, je remets mes Converses.

22.8.05

bô mariage

Me voici de retour après un week-end à Nantes, j'étais invitée à un mariage en jaune et bleu.
J'ai pris le train à 7h30 samedi matin, j'étais bien vaseuse, la veille j'avais vu Ponchan (surnom japonais faisant référence à un animal facétieux j'ai nommé le blaireau) qui m'a narré son voyage au Japon. Enthousiaste, le garçon. M'a donné fichtrement envie d'aller dans cette contrée.
Et aussi ciné: H2G2, du film culte, j'adore.
Le pot de pétunia et le cachalot surpris, entre autre. Le côté kitsch qui jure avec les effets spéciaux. Le thé et la bière. Je crève d'envie de me faire un week-end à Londres, peut-être pour Halloween.

Donc Nantes. JolieJ (la future mariée) m'avait donné des indications pour rejoindre à pied la maison des parents:"Tu sors de la gare, sur la droite, tu prends le bd de Strasbourg." Ouiouioui, je sors de la gare et à droite, je trouve le bd de Stalingrad. Connaissant JolieJ et ses compétences géographiques (au lieu d'un bô voyage, on aurait dû leur offrir un GPS), Strasbourg, Stalingrad, c'est dans l'est, alors ça doit être la même chose... Gagné.

J'ai rencontré plein de gens. Réussi à retenir plein de prénoms (j'aurais pas pensé autant, je progresse). Et j'ai rencontré la soeur de JolieJ, JolieC. JolieJ et JolieC se ressemblent beaucoup physiquement. JolieJ a un tempérament explosif. JolieC est d'une douceur incroyable. Je vais revoir JolieC sur Paris, j'ai envie de faire mieux connaissance avec elle.

Le mariage à l'église était très beau et pourtant j'ai du mal avec les églises (en général). Des fleurs partout, et JolieJ dans sa robe étrange et magnifique, N dans son costume crème Kenzo avec une chemise absolument orange et une cravate dans les mêmes teintes. JolieJ qui est si émue que le oui s'étrangle dans sa gorge, puis parvient enfin à résonner sous les voutes.
N et JolieJ ont choisi leurs musiques pour la cérémonie, le curé leur a donné carte blanche.
Un truc de fou: en guise de musique de clôture, la musique de Star Wars. Ces gens-là sont extraordinaires.

Un trajet épique jusqu'à l'exploitation vinicole où nous passerons la soirée, à quatre sur la banquette arrière d'une Lancia. Des voitures qui klaxonnent, comme une caravane bruyante, des stickers énormes -bleu et jaune- collés au capot et sur les portes. Des gens, du vin, des petits fours. Puis le dîner, des gens, du vin, plein à manger, du champagne, un millefeuille. Et du vin.

A chaque table, à chaque place, un carton avec le nom de la personne, classique. Mais sur ce carton, aussi, bien moins classique et très touchant, le portrait de chacun. Voici le mien:
"bbl: elle est la libraire de la mariée. Elle s'émeut facilement, mais mine de rien. Elle fait des coups de fils de vieille copine, et la mariée a souvent comme l'impression de la connaître depuis très longtemps. Elle est l'amie rencontrée tardivement, mais qui sait rattraper le temps."

Un gamin balance les clés de la voiture de ses parents dans un conduit d'évacuation d'eau, à 5m de profondeur. Les parents, stoïques devant le monstre qu'ils ont engendré:"C'est la 3e fois qu'il nous fait le coup."

Danser. Danser, boire, se reposer et recommencer.

Le Libraire De Paris, invité au mariage, ne se lève pour danser que si on met du Dalida. Sinon il écoute son Ipod comme un autiste dans son coin. Sans commentaire.

A 3h30 alors qu'il est temps de lever le camp, constat étrange:
nous sommes encore 17 mais il ne reste que 2 voitures sur le parking...
Ca fait 9 dans l'une et 8 dans l'autre. J'étais sur les genoux d'un inconnu. Ca nous a tous fait penser aux vacances quand on était petits, qu'on rentre de la plage, qu'on n'a pris qu'une seule voiture parce que sinon c'est trop galère de se garer, et on s'entasse. Sauf que ça ne sentait pas l'ambre solaire. N a mis le chauffage pour faire partir la buée. Il a failli se faire lyncher.

J'ai atterri dans un appartement quelque part, j'ai dormi sur le lit qu'on m'a montré, comme une masse, j'ai rêvé que j'avais une tournée de concerts de rock à assurer. Devrais-je arrêter l'alcool?

Le lendemain, je me lève, plus personne dans l'appartement. Un petit mot, un numéro de téléphone. Je compose et dis:"Bonjour, c'est bbl, je me sens un peu perdue." On m'indique la voie à suivre. Si seulement tout pouvait toujours se régler si facilement.

Petit déjeuner tardif.
On compte les places dans les voitures des gens qui rentrent sur Paris. Je décide de rentrer en train. JolieJ me propose de ne rentrer que lundi, puisque je suis encore en vacances, comme ça je prolonge un peu. J'accepte avec joie.
Nous jouons à la Mafia, un jeu de société machiamoniaque. Je plante le jeu lamentablement.
Puis nous jouons à un jeu qui ressemble à un mille-bornes mais qui se joue par équipes de 2. Je plante le jeu lamentablement.

Nous dînons puis discutons dans le jardin, pâtes aux knackis et ambiance bougies et gros pull. Ca sent la rentrée.
Dodo, puis le train ce midi, et me voici de retour à Paris avec le sentiment d'être partie au moins une semaine.

19.8.05

belle journée

L'été, soleil, chaleur.

Footing à 10h ce matin, je me suis souvenue pourquoi j'avais pris l'habitude de courir tôt le matin. La température est vite insupportable. Je continue à bronzer furtivement (personne ne remarque que je change de couleur).

Ensuite je suis rentrée, je n'ai rien fichu.

J'ai déjeuné.

Et puis je n'ai rien fait après non plus (j'ai vaguement plié ma lessive en écoutant la BBC, je suppose?)

Je me suis fait un thé. J'ai débarrassé le bureau, rangé, classé, jeté. J'ai posé mon pc dessus.

J'ai écrit plein de mails à Ponchan qui est rentré du Japon, il s'ennuyait au boulot.

Je voulais aller m'acheter des chaussures pour courir et je n'ai pas eu le courage, il faisait trop chaud.

J'ai travaillé sur l'histoire de Faustine. Après quelques mois sans y toucher, les personnages prennent une nouvelle dimension, et je me surprends à ne pas brûler les étapes, je travaille sur le background avant de me lancer dans la suite de la rédaction. J'apprends.

Et puis je suis allée au bar. J'avais rendez-vous avec S du taekwondo. Comme une nouille je lui ai donné rv au bar, et je l'attendais en buvant ma bière. Sauf que lui m'attendait devant le bar, pas dedans. Et j'ai mis une éternité à percuter que peut-être il m'avait laissé un message? Quand je dis que parfois, je suis un peu lente...
Entre temps le Boss était arrivé. Monsieur le L et Maître M étaient là, ainsi que Pimprenelle. Echange de souvenirs de vacances.
Ca m'a fait plaisir de revoir le Boss, l'entendre raconter ses histoires de peinture, lampes et moquette. Et de pouvoir lui dire à quel point c'est beau ce qu'il a fait. Qu'on va travailler dans le plus bel endroit du monde.

J'ai passé la soirée à discuter avec S. On se connaît peu mais je l'aime bien. Quelqu'un de discret, qui fuit les embrouilles le plus possible. Mais une question que j'aurais dû lui poser: est-ce que d'être méfiant envers tant de monde, ce n'est pas se mettre sur la touche? Cela étant dit, ça m'a d'autant plus touchée qu'il vienne vers moi. Une autre réflexion qui me vient à l'esprit: quand il aura pris plus confiance en lui, un peu d'assurance, il ne pourra plus faire partie de cette association dont il m'a parlé. Ce ne sera pas possible et ce n'est pas mon barman préféré qui me contredira, vu la moue approbatrice qu'il a eue en voyant S. Faudra qu'on remette ça, il a dit, S. Entièrement d'accord je suis.
Une jolie soirée pour cloturer une belle journée de vacances.

17.8.05

La cabane en Normandie

Aller-retour en Normandie en une journée.
Je suis allée dormir à Catcity pour que nous puissions partir tôt.
Petit déjeuner: Mom me propose des corn flakes. Je les verse dans mon bol, je verse le lait, je touille. Jusqu'ici tout va bien. Je mange. Je trouve un goût bizarre. Je me dis que c'est l'aspirine que j'ai prise avant de me coucher hier (l'air trop pur de Catcity, ça me file la migraine). Mais non, le goût persiste. Je goûte le lait tout seul. Le lait a un goût normal. Je me dis que c'est dans ma tête. Je regarde la date sur la boîte de céréales, le 16 août 2005. Ben voilà. Mom a essayé de m'empoisonner au petit déjeuner. Je ne pensais pas que les céréales avaient sale goût dès le lendemain de leur date de péremption, eh bien maintenant je peux affirmer que oui. Une journée qui commence bien.

Départ à 8h, pas bien les yeux en face des trous, mais encore la délicieuse sensation de partir en vacances. Sauf que.

J'avais oublié combien Mom peut se montrer trop enthousiaste à l'idée de passer une journée en ma compagnie. Sa fébrilité à vouloir que tout soit parfait. Sa capacité à passer 1h dans les petites routes de campagnes pour trouver the perfect spot pour manger le pique-nique. RHAAAA!

Et là, là...

C'est encore pire. Nous nous rendons à Percy en Auge. Un bled paumé au milieu du pays d'Auge où mon frère et sa douce font construire leur maison en vue de perpétuer l'espèce (entre autre). Et Mom déteste l'endroit d'emblée.

Je fais le GPS. Mom n'aime pas l'autoroute, vive les petites routes de campagne. J'aime bien faire le GPS, ça permet de repérer plein de noms de bled que je n'aurais jamais imaginés même dans mes rêves les plus fous. Là, je n'ai pas à chercher bien loin. La ville à côté de Percy s'appelle Mézidon-Canon. Mets-z-y donc un canon, je me gausse. Je deviens carrément hilare lorsque nous nous mettons à la recherche de la rue des godets dans un patelin avoisinant. Il m'en faut peu pour m'esclaffer.

La visite de la maison a rendu Mom maussade. Juste pour situer, le terrain est coincé entre un terrain militaire désaffecté et une voie ferrée. Pourtant, je ne peux m'empêcher de me dire que mon frère construit sa maison et que c'est génial. L'excentricité du décor me fait sourire, et je sais que mon frère s'y fera très bien. Ca ne redonne pas le sourire à Mom. Elle, qui rêve d'aller habiter dans la PACA, me dit:"Si ça se trouve, toi aussi tu vas t'installer en Normandie et je vais finir par aller y habiter aussi." Je réponds:"Si ça avait marché avec Monsieur le L, il y aurait peut-être eu un risque minime, sachant qu'il est originaire de Caen. Mais comme ce n'est pas le cas, tu peux dormir sur tes deux oreilles." Mom constate:"Tu n'as pas digéré cette histoire, avec Monsieur le L." Moi:"Nan."

Sur la route du retour, nous avons vu un joli panneau publicitaire pour une résidence hôtelière au prestige... douteux. La bâtisse en question se nommait:"Hotel de la levrette."

Vive la Normandie!

16.8.05

Citations en pagaille

Je me documente sur le jazz: Duke Ellington claimed that "playing bop is like playing Scrabble with all the vowels missing" (source: BBC)

Citation d'un gars qui a été dans un festival en Angleterre:"The real point in going to a festival is getting muddy and wet, isn't it?"

Extraits du Guide galactique de Douglas Adams (H2G2 sur les écrans demain soir, tadaaaa):
"peut-être que si les êtres humains cessaient d'agiter les lèvres, leur bouche risquait de s'ankyloser. Après quelques mois de réflexion et d'observations, il abandonna cette théorie au profit d'une autre: s'ils cessaient d'agiter les lèvres, leur cerveau se mettait à travailler."
la planète "Mégrathmoilà est morte depuis des millions d'années, dit Zappy, bien sûr qu'il n'y a pas de danger. Même les fantômes ont dû avoir le temps de se ranger et de fonder une famille, à cette heure."
"Un trou perdu, si vous voulez mon avis, dit Ford. On se marrerait plus au fond d'une litière pour chat."
My my, j'adore ce bouquin.

Je reviens du 58 rocket street. La devanture est magnifique, fraîchement repeinte. Le carrelage est étonnant, une telle variété dans un si petit espace, je n'aurais pas cru. Le boss n'était pas là mais je l'ai eu au téléphone. Il a fait un sacré boulot, et il va se prendre quelques jours de repos. Le quartier est mort, tous les commerces ou presque sont fermés pour les congés d'été. Au bar, plus de serveurs que de clients. Je n'ai même pas eu envie d'aller prendre un café, du coup.

Demain je pars pour la Normandie, aller retour dans la journée. Prendre encore un peu le soleil.
2 de tension.
Une tite tisane et une sieste, mmmh. Ouaip. J'aime bien les vacances, en fait.

15.8.05

le 15 août

Une demie heure pour dénicher une boulangerie ouverte et un endroit où acheter une plaquette de beurre. Mauvaise idée de rentrer de vacances un dimanche 14 août, parce que le lendemain c'est la misère pour trouver de quoi remplir le frigo et donc l'estomac.
Le courage de rien. La fatigue des 10h de trajet en voiture hier. Pas envie de ranger, pas envie de sortir, pas envie d'appeler qui que ce soit. Le blues d'être rentrée.
Radio sur 6music.co.uk ça change de Nostalgie (gavage pendant 5 jours, c'est dur la province).
J'ai passé l'après-midi à comater sur mon lit (quand je ne dormais pas carrément).
Demain je serai plus dynamique. Faut dire que moins dynamique, je crois pas que ce soit possible.

14.8.05

RECIT DE VACANCES TY PIC

Je me suis reposée et bien amusée.

Pour ceux que les détails intéressent:
D'abord le train jusqu'à Poitiers. Déjeuner chez les parents de X, gens adorables. Ensuite direction l'extrémité de la Bretagne, du côté de la pointe du Raz. Arrivée dans la soirée, rencontre avec la grand-mère de G, petit bout de bonne femme de 77 ans, vraie bretonne, un tempérament de feu et une hospitalité merveilleuse.

Ce qu'on a fait pendant ces quelques jours:
visite de la pointe du Raz (et du Van), balade à Quimper, marché d'Audierne, brocante, bal pop, mangé, dormi, et plage tous les jours entre 17h et 20h. G et X se sont baignés à chaque fois et moi je suis restée allongée sur le sable à lire hp6 (génial, et le tome 7 va être incroyable parce que j'ose imaginer qu'il ne ressemblera à aucun des 6 premiers…) DONC NON, je n'ai pas réussi à me baigner plus loin qu'à mi-mollet. Pour tous les gens qui croient qu'il pleut tout le temps en Bretagne je dis que pendant 5 jours de suite il a fait très beau. Non mais.

Brèves:
  • Manu Larcenet: il faut que j'écrive une nouvelle déclaration d'amour à mon auteur de bd préféré. Je l'ai entendu en interview à la radio sur France Inter (ou une autre, chaipu) et il a été grandiose, disponible, naturel et plein d'humour, avec un lancement de disque homérique:"et hop". Voilà, Manu Larcenet, je vous aime vous et votre œuvre.
  • "être une buse": expression peu flatteuse (voire insultante), car cet oiseau de proie est suffisamment neuneu pour se prendre une véranda dans la tronche à pleine vitesse. Plus de peur que de mal, elle a redécollé, pas très droit, mais quand même.
  • Esprit de synthèse: Le papa de G nous raconte une histoire avec un traiteur accusé d'intoxication alimentaire. On aurait retrouvé des "streptocoques fécaux" dans une salade de pâtes. X, synthétique:"Ouais, des pâtes au caca, quoi."
Je me suis pété le bide le dernier jour, mangé du gâteau breton ET du kouignaman… eh bin 24h plus tard je suis encore en train de digérer le beurre. Je vais être obligée de faire une cure de tisane amincissante, j'ai testé celle de G pendant deux jours. J'ai jamais autant été aux toilettes de ma vie! Mais je dois trouver celle de la mère de G: c'est une tisane amincissante ET un autobronzant… on n'arrête pas le progrès.

9.8.05

Sur le départ

Dans 7h30 je suis dans le train, dans 9h30 je retrouve G et X pour 5 jours en Bretagne. Il paraît qu'il fait beau là-bas. Je suis très très fatiguée ce soir. La journée fut longue et chargée: ménage ce matin à fond pour ne pas déprimer en rentrant, puis anniversaire de my Mom en famille avec photos de la maison en construction de mon frangin, un voyage en ballon au parc André Citroën, puis sac à faire et on garde le meilleur pour la fin, dîner avec les filles du 2 rue D pour regarder le DVD "Je me sens pas belle". Bon film, pour ceux qui ne l'auraient pas vu.

Il est minuit et demie, je devrais aller me coucher mais j'ai encore mon sac à finir et écrire ce dernier post.

Je sais pourquoi Miss Wong parlait de cadeaux et d'ouvrir avant la date, c'est en rapport avec Rienquemoi, et son anniversaire qui a lieu dans 2 semaines… son cadeau est magnifique.

Je reprends du service dimanche soir, en rentrant, pour ce qui est du blog. J'espère avoir plein de choses à raconter. En attendant, les discussions se poursuivent en off, dans les commentaires… eh oui, faudra cliquer, il se passe des choses intéressantes derrière la vitrine.

8.8.05

Tuer le pokemon et revenir sur ses pas (et l'inverse)

Constat affligeant: Monsieur le L m'a qualifiée de "trop mimi". Ca me reste en travers de la gorge.
Analyse: je me suis vue en pov idiote, un peu neuneu, trop souriante. Ma façade favorite depuis quelques temps, poire fendue en 2 quoi qu'il arrive, jamais je me vexe. Sauf que. C'est la première fois qu'on me la fait:"t'es trop mimi." Ce n'était pas à moi qu'il parlait, impossible. Je n'ai jamais été "mimi". Cinglante, ironique, pince sans rire, givrée, glaciale, selon l'humeur. Il fut un temps où je mettais les gens mal à l'aise.

Le glissement a été fourbe, j'ai dû me transformer sans m'en rendre compte. Je suis devenue une espèce de truc qui rigole pour rien et qui esquive toute discussion sérieuse (s'il en est). Nul doute que Monsieur le L a pensé être urbain en prononçant ces mots fatidiques. Sauf qu'être mimi ne me convient pas. Ce râteau est un malentendu. Je n'étais pas moi-même.
Hier soir, discussion avec S, sur ce sujet. Ca ne le soule même pas quand je lui prends la tête avec mes questions à 2 balles (ou alors il le cache bien). Il m'a fait des réflexions très justes. Quand je lui avais annoncé qu'à la rentrée avec les filles du 2 rue D on allait apprendre à danser la salsa (Brasil, oum pais tropical oumpa oumpa tchikitchik), j'avais dit:"depuis que j'ai passé ma ceinture noire, je suis plus disponible pour me lancer dans d'autres trucs." En raisonnant un minimum, on peut dire sans prendre trop de risques que je n'étais pas disponible avant. Je croyais l'être mais je ne l'étais pas. D'où fonçage dans le mur avec Monsieur le L, j'aurais inconsciemment tout fait pour que ça foire. Je suis pas très très forte en psy, mais l'analyse de S me parait pertinente. A méditer.
J'ai parlé à S de mes dessins. Je travaille sur une série de portraits. J'en suis au 2e (et j'appelle ça une série, ouiouioui). Le 1er, c'était le portrait de Monsieur le L. Le 2e, c'est celui d'O3J. J'y ai passé 2 heures, au lieu de ranger chez moi et de préparer mon sac. O3J remonte à la surface à des moments hautement prévisibles, et là ça n'a pas loupé.J'ai rencontré O3J quand j'avais 13 ans. A 15 je crois bien que j'en étais amoureuse (un peu). Et lui en avait 10 de plus, ce qui rendait l'histoire platonique, pour éviter un détournement de ma minorité. Depuis notre dernière rencontre, 8 années se sont écoulées. Je me suis dit, soudain, que j'aimerais savoir ce qu'il est devenu (allez, au hasard, marié et père de famille?). J'ai donc fait une recherche sur internet. La recherche sur les Pages Jaunes n'a rien donné. Je me suis alors souvenue d'une phrase qu'il m'avait dite:"Avec mon boulot, quand je vais chez les gens, on me donne du 'Monsieur l'expert'" J'ai donc cherché avec son prénom, son nom et "expert" comme mot-clé. Au bout de 4 pages de Google, je suis tombée sur des infos qui concordaient: une adresse mail, et une adresse postale, toutes les deux professionnelles bien entendu. La zone géographique est cohérente, à 2 pas de Catcity.
Idée (bonne ou mauvaise, au choix): à partir du portrait que j'ai dessiné, faire une carte postale avec "avis de recherche" écrit en dessous du dessin. Derrière, un texte:"Recherche O3J, ayant pratiqué le ju-jitsu à RoiLand de 1990 à 1993. Contacter bbl au 06 00 00 00 00"
De quoi me faire sursauter dans les jours qui viennent chaque fois que mon téléphone portable sonnera… j'aime vivre intensément.

7.8.05

vacances choubidou plus rien à faire du tout

Quelqu'un qui me connaît bien m'a dit:"C'est la 1ère fois qu'en parlant de ton boulot, tu dis 'on se marre bien.' Dans tes autres boulots, c'était 'c'est intéressant', ou 'ça se passe pas mal', voire 'ça va pas bien du tout'. Mais jamais 'on se marre bien'." Force est de reconnaître que c'est vrai. Avec Chouchou, quand on bossait ensemble, on rigolait bien aussi, mais je débutais, donc c'était compliqué pour moi, surtout en sortant d'une boîte comme la fnuc. Avec Chouchou on s'éclatait surtout en dehors du boulot, et puis à Saint Malo on n'était que toutes les deux et en dehors du 6 rue P, et là c'était du fun à l'état pur, me péter la cheville dans un bar, m'évanouir le lendemain matin en me réveillant avec la gueule de bois, que du bonheur!
Au 58 rocket street, c'est autre chose. C'est arriver le matin sans avoir le sentiment d'aller au boulot. Prendre un café tranquille au bar. Discuter avec le barman, regarder l'horoscope dans le Parisien pour comparer avec les autres personnes présentes, faire courageusement un sourire sans trop de dents qui dépassent à Monsieur le L, qui n'est même pas venu me dire au revoir avant de partir en vacances.
C'est entrer au 58, relever le courrier, ouvrir la porte de la petite cour, ouvrir la porte du fond, pousser notre plante amazonienne qui est toujours dans le passage. Allumer la lumière du fond. Cliquer sur Réception des fiches sur l'ordinateur. Lancer les applications, vérifier la boîte mail. Descendre dans la réserve, mettre le mac en route, brancher la musique, poser mon sac. Remonter. Allumer toutes les lumières. Enlever la barre sur la porte et ouvrir la porte. Installer les cartes postales dehors. Descendre le store. Et commencer la journée, sourire aux gens. Rire avec eux. Collectionner les perles: "Bonjour, je voudrais tel livre, et l'auteur il est collectif." J'adore. Voir le Boss arriver avec son casque de moto, faire un concours de cernes et d'insomnies. Sortir des vannes à deux balles:"Ca donne quoi votre carte de fidélité?" "Ca rapporte 5%, c'est plus que le livret A" Voir le boss se gondoler comme une baleine. Chanter sur la musique qui passe quand on en a envie, en braillant quand il n'y a personne, en fredonnant si client il y a.
Apprécier la souplesse d'être dans une petite entreprise. Pouvoir allier taekwondo et boulot sans souci, sans négociation tous les mois.
Mon boulot est passionnant. Comme un musicien qui fait ses gammes et qui progresse, plus on apprend de choses et plus le travail devient facile. Contrairement à une mémoire d'ordinateur qui se remplit au fur et à mesure jusqu'à être saturée, notre mémoire humaine est faite de telle façon que plus on la fait travailler, plus on est capable d'enregistrer un certain type d'info facilement. Plus on la travaille et plus elle s'étend. C'est bien pratique de ne pas avoir à acheter un cerveau externe, parce qu'on n'aurait pas l'air très malin.
C'est agréable de me dire pour mon premier jour de vacances que je vais me reposer. Et c'est top de savoir que quand mes vacances seront sur le point de se terminer, je serai contente de retourner passer mes journées au 58 rocket street.

The luckiest girl on earth

Hey hey my my...
Eh bien me voici en vacances.
A peine j'arrête le boulot que je me dis qu'il faut absolument que j'aille inspecter la semaine prochaine quand je rentrerai de Bretagne pour voir où en sont les travaux, le décapage de la moquette, la couleur de la devanture... voir si ça me plait, comme si ça avait réellement de l'importance, ça me plaira forcément.
On a fêté le début de mes vacances ce soir, au resto, pas loin . Le Boss bosse encore demain, il ouvre de 15h à 20h, comme d'hab. On a super bien dîné ce soir. J'ai pris des lasagnes et un sablé aux fruits rouges. Et puis du vin et deux poires. Je suis ivre morte. Non, en fait pas encore. Une ou deux poires de plus et je ne savais plus où j'habitais. Presque. J'en sais rien, en réalité, je n'ai jamais bu jusqu'à ne plus savoir ce genre de chose. J'ai perdu cette faculté quand je bossais à la fnuc.
Bref. Je suis heureuse, je suis très chanceuse de bosser là ou je bosse, et d'être en vacances ce soir.
Programme palpitant demain: footing (transpirer l'alcool des trois dernières soirées), grand ménage d'avant départ de vacances (et d'avant déménagement, càd rangement par le vide), et préparation du sac de voyage pour une petite semaine de bonheur en Bretagne.
Ca fait du bien, ça aère la tête.
Je me sens bien. Et ce n'est pas que l'effet de boissons alcoolisées, je me sentirai très bien demain matin aussi. A condition que je pense à me prendre une aspirine avant le dodo.

6.8.05

small post

Bonne soirée que celle d'hier soir. MC est passée me voir dans l'après-midi et m'a proposé de passer boire un verre chez elle le soir-même. Trois de ses amies étaient présentes, ainsi qu'un chaton gris aventureux, arrivé par le balcon. L'occasion pour MC de découvrir qu'elle avait de nouveaux voisins. Nous avons parlé de pas mal de choses, d'études, de dératiseur, de boulot, de vélo jeté dans la Seine, d'abonnement à un réseau câblé, le tout en buvant quelques verres de vin, c'était fort agréable. MC est en quête de chaussures pour aller à un mariage, une mission à haut risque pour les prochaines 24h. Je n'ai pas mal à la tête, c'est bien.
Et ce matin, tout va bien. Ce soir, vacances. Resto avec le Boss pour fêter ça. On est arrivé au bout de la première étape du projet, on peut pour ainsi dire que les choses sérieuses commencent dans 20 jours, pour la rentrée. Bilan globalement très satisfaisant.
Pour l'instant, le soleil brille dehors, tant mieux.
Jusqu'ici, tout va bien.

5.8.05

Montagnes himalayennes

SuperA rentre du Ladakh (orthographe approximative). Il m'a raconté ses randos entre 3500 et 4000m d'altitude, avec un col à 5000m. Que c'était chouette, beau et majestueux. Mais que le retour sur la région parisienne est dur, du coup. Comme il a démissionné de son boulot, il ne lui reste qu'une activité réduite à 3 jours par semaine... Alors la motivation, bof.
Il m'a demandé si je partais au Bhoutan, je lui ai donc dit que non, que je partais en Bretagne. Il m'a dit qu'il voulait repartir en Inde dès que possible. Je lui ai avoué qu'il fallait que j'arrête d'acheter des bouquins tout le temps pour mettre de l'argent de côté et recommencer à voyager. Le dépaysement me manque. J'ai voyagé 5 étés de suite, pendant mes années de fac, puis en entrant dans la vie professionnelle je suis revenue aux vacances en France - quand j'en avais, parce que maligne comme je suis, j'ai changé quatre fois de boulot en cinq ans, et quasiment toujours en février/mars, c'est mauvais pour poser ses congés.
Et là, j'ai envie de repartir. Loin. En Asie. En Amérique du Sud.
J'aime beaucoup SuperA. Le Boss le résume par:"Quelqu'un de normal, ça détend." J'ai souvent du mal avec la norme, pourtant SuperA ça le définit bien. D'autres adjectifs: équilibré, simple, sain, ni optimiste ni pessimiste, pas égocentrique. Ouvert. Un groooos lecteur. J'adore quand SuperA passe parce qu'on cause bouquins pendant au moins 1/2 heure à chaque fois, sans se préoccuper des potins éditoriaux et autres clapotis d'eau boueuse. Non, juste les textes, et ce qu'on en pense, ce qu'on a ressenti à leur lecture.

Hier le Boss a acheté de la musique. Deux albums de Led Zep, et puis un nouvel album, The John Butler Trio, Sunrise Over Sea.

Et puis Louloutre n'a pas voulu venir boire un verre avec moi parce qu'elle a son mémoire à finir. Woooah, comme chaque été, en fait. Résultat on est allés manger liquide au bar avec le Boss. On a bien discuté. Bizarre, alors qu'on passe les trois quarts de nos journées ensemble, on ne parle jamais vraiment. Mais là, devant une tite bière, on échange. C'est chouette. Bon, je suis encore plus fatiguée ce matin, mais je suis en vacances demain soir. Alors ça va.

4.8.05

Physionomiste, moi, jamais

Wow, un fournisseur qui passe tout à l'heure.
Me demande si je le remets. Eh non.
Il me dit que ça ne fait que la troisième fois qu'on se rencontre et qu'il se présente. Je me sens toute minable. Il me précise que la deuxième fois on ne s'était reconnus ni l'un ni l'autre. Ca me rassurerait presque, sauf que là il a l'air vexé. Il me dit que nous avions dîné ensemble à notre première rencontre. Oulà... C'était un dîner au milieu d'une dizaine de personnes, je n'en connaissais que 8.
Esperons que j'arriverai à le connaître la prochaine fois.
Le Boss, pour me réconforter, m'a dit:"Ca doit faire 10 fois que je le vois, je ne m'en souviens jamais." Ca doit être ce type qui a l'air insignifiant alors peut-être?
N'empêche que j'aimerais bien faire partie de ces gens qui se souviennent des têtes et des noms qui vont avec... Ca évite cette envie irrépressible de prendre une pelle pour faire un trou et s'enterrer le temps que ça passe. Entre les rateaux et les pelles, je suis gâtée décidément.

blogterie

Une de mes occupations dans mes moments de creux est de lire des blogs. Je vais sur le site de blogonautes.com et je clique sur découvrir un blog au hasard. Et là, ce matin, la découverte aléatoire m'a permis de lire un post qui m'a fait sourire, le blog de Loïc Garde et le dernier post en date qui remonte à mars 2005 - lgarde.free.fr/blog.

A tous ceux et celles qui pensent encore être jeunes, et bien NON !! Beaucoup d'étudiants qui sont entrés cette année à l'université sont nés en 86 (l'année de la mort de Coluche). Ils n'ont jamais chanté "we are the world, we are the children" ou "ça, c'est vraiment toi" ni entendu parlé du smurf.
Pour eux, le sida et le chômage ont toujours existé. Les Twix ne se sont jamais appelés Raiders (2 doigts coupe-faim) et les M&Ms ne se sont jamais appelés Treets (fond dans la bouche pas dans la main).
Et ils ne sont pas au courant du licenciement abusif de Grosquik à cause de son embonpoint remplacé par un ridicule lapin sur les paquets de Nesquik.
Et ils n'ont jamais joué à la console Atari, au Commodore 64,au CPC6128 d'Amstrad.
Ils ne connaissent même pas Pac Man. Ils n'ont jamais vu de disquettes 5 pouces 1/4.
Ils te rient au nez quand tu leur dis que les premiers PC n'avaient pas de disque dur et que les écrans n'avaient qu'une couleur.
Le CD est apparu quand ils avaient à peine 1 an et ils n'ont jamais eu de 45 tours de Chantal Goya ou de mange-disques.
Ils ne savent pas ce que c'est que d'écouter la radio à grandes ondes, ignorent comment étaient les anciens téléviseurs et ne peuvent pas expliquer comment on faisait sans télécommande et comment on pouvait regarder la TV en noir et blanc.
Ils n'ont jamais vu de mire sur un écran télévision ! Ils ignorent totalement qui est Candy, le Prince d'Euphor et même le danger que représente un Golgoth.
Ils croient que James Bond a toujours été Pierce Brosnan, ils ne pensent pas aux dents de la mer quand ils se baignent.
Ils croient que les pattes d'éph sont une invention des années 2000 et que le téléphone avec fil est un objet de science fiction, que le minitel est seulement un objet de déco rétro.
Pour eux les patins à roulettes ont toujours eu des roues alignées et Mickaël Jackson a toujours été blanc.
Ils ne te croient pas quand tu leur dis que Yannick Noah a été un joueur de tennis avant et qu'il a gagné Roland Garros 3 ans avant leur naissance.
Ils ignorent que Fonzie est le mec le plus cool de la Terre.
Ils savent que Giscard est un ex mais un ex quoi ?
Ils se foutent littéralement de ta gueule quand tu leur expliques,pendant qu'ils jouent à la Playstation 2, que tu t'amusais autant avec ton Télécran.
Alors dis-toi que ces gens qui sont rentrés à l'université cette année... ce sont EUX les Jeunes maintenant !!!!!!
Voici quelques symptômes de ton vieillissement :
Tu comprends le texte ci-dessus et tu souris en te disant " Putain de merde, mais c'est vrai en plus ". Tu te rends compte quand tu lis les journaux qu'une bonne partie des gens du show biz sont plus jeunes que toi.
Tu as parfois mal au dos et tu as des remèdes dans ta table de chevet ou dans le tiroir de ton bureau pour maux de tête, maux d'estomac...
Les enfants te disent maintenant madame ou monsieur et te vouvoient t'es obligé(e) de ranger ton linge toi-même.
Pas mal de tes amis sont mariés maintenant et certains ont même un ou plusieurs gosses. Tu ne vas pratiquement plus au Mac Do.
Tu penses que le France-Allemagne du mondial 82 a été beaucoup plus marquant que la victoire de 98 (si tu es de sexe masculin, parce que sinon t'as pas trop d'avis sur la question).
Tu vas à la plage mais tu peux passer toute la journée sans te baigner.
Si tu vas te baigner, tu penses toujours à rentrer ton ventre.
Tu trouves qu'on offre vraiment beaucoup de cadeaux aux enfants aujourd'hui par rapport à ce que t'avais à l'époque.
Tu as besoin d'une journée entière pour te remettre d'une soirée bien arrosée !
Et oui mon "vieux" le temps passe !

Voilà, je pense que ce ne sera pas le seul post de la journée, vu comme l'activité est intense... C'est mort Paris au mois d'août.

3.8.05

Petit Poucet

Le Boss a ramené des galets de son jardin aujourd'hui. Il les a vernis avec amour. Pas de sens caché ou de private joke dans ces phrases, c'est du premier degré, mon Boss vernit des cailloux parce que c'est plus joli quand ça brille.
Il s'est installé dans la réserve, et ça puait le vernis.
"Je comprends pas, y a marqué inodore sur le pot."
Alors il les a mis à sécher au soleil dans la petite cour de derrière. La concierge a vu les cailloux:"Ca craint rien? Je peux passer la cour au jet d'eau?" "Ah ben non ils sont pas secs mes galets!" Il les a rentrés fissa. Là, il m'a expliqué:"Tu comprends, je venais de les retourner en plus, parce que sinon en séchant que d'un côté, le vernis il coule en dessous et ça fait une espèce de goutte pas belle."
Technique, le vernissage de galet. J'aurais pas cru, et la concierge non plus.


Mes trois romans préférés pour la rentrée. Que des Américains, c'est étonnant…
*Owen Noone and the Marauder – Douglas Cowie (Bourgois)
*La famille Lament – George Hagen (Belfond)
*Le cercle des initiés – T. C. Boyle (Grasset)
Le premier parce que c'est un pur moment de rock'n'roll, le deuxième parce qu'on ne le lâche pas d'un bout à l'autre, le dernier parce qu'à côté la libération sexuelle des années 70, c'est du vent!
Je cherche encore un roman français qui me scotche au plafond. Déloger l'animal de Véronique Ovaldé est intéressant, j'adore lire à voix haute, elle a une belle écriture et des personnages attachants mais non, ce n'est pas LE roman français que j'attends. J'ai abandonné le roman de Camille de Toledo, je n'ai pas réussi, c'est pourtant pas faute d'avoir essayé.
En attendant que ces romans soient en vente, relire le Guide galactique, de Douglas Adams, et Sans nouvelles de Gurb, de Mendoza. Entre autres.
Pour mes vacances, je vais lire La vie mode d'emploi de Pérec, et le Harry Potter 6. Avec deux pavés comme ça je devrais avoir de quoi tenir cinq jours.

Et ce soir, c'est quinoa au ketchup.
Le week-end dernier, Chouchou s'est indignée quand je lui ai dit que je mangeais cet aliment bio avec du ketchup. Rienquemoi a alors dit:"C'est vachement bon avec du ketchup." Elle m'éclate, Rienquemoi. Croyez-moi, elle vaut le détour.

2.8.05

Requiem for a toe

Commençons avec une pensée émue et compatissante pour l'orteil de Chouchou qui s'est sauvagement fait attaquer par un dérouleur de gros scotch marron. Ca doit quand même faire très très mal.

Après un footing matinal et ensoleillé, le début de la journée fut vocabularistique. Mom au téléphone: " bbl, j'ai un truc qui me turlupine depuis hier" (c'est my Mom, elle parle avec des mots comme ça, turlupiner) "Qu'est-ce qui t'arrive?" "J'ai regardé dans le dictionnaire…" "Mmh?" "… et on peut utiliser le mot génération dans le sens où tu l'utilisais hier dans ta phrase, contrairement à ce que je t'ai dit." "Chouette alors, me voici rassurée, thanks and bye, Mom." Sans commentaire.

Une journée normale au 58 rocket street.
Au bar ce matin, 10h, devant mon café. Maître M signale –à ma demande- ce qui vaut la peine d'être lu dans le Libé du jour. 6 premières pages (évènement Proche Orient/Monde): sans intérêt. Ensuite ont été retenus les articles des pages Société (l'Etat exige trop de papiers des sans-papiers, les cerveaux épuisants des dépressifs), Economie (Renault et Peugeot en baisse de régime), Culture (Jazz in Marciac) et le Portrait d'une infirmière de Lille âgée de 46 ans. Il a conclu:"Mais je ne suis pas non plus la parole divine en matière d'intérêt journalistique" Sans déc?

Midi: mon neuneu de la journée.
-Bonjour, vous savez c'est quoi comme animal une faune?
Vocabularistique again.
-Alors la faune c'est pas un animal, je réponds. C'est un ensemble d'animaux dans un lieu donné.
-Mais dans un documentaire que j'ai vu hier ils disaient que y avait une faune extraordinaire dans les forêts du Brésil et je voulais voir à quoi ça ressemblait comme animal.
-Aaaaaalors, la faune, c'est tous les animaux qu'on trouve au Brésil, c'est pas un animal en particulier.
-Mais ils disaient UNE faune!
Rhaaaaaaa. Et il enchaîne:
-Vous avez pas un livre sur le maître de tous les animaux, le roi, le plus fort que tous les autres animaux ils le respectent. Vous savez c'est quoi comme animal?
-Nooooon…
-C'est le tigre!
-Ah bin oui bien sûr le tigre.
-Et vous savez lequel c'est le plus grand, le plus fort de tous les tigres?
-Ah bin non.
-C'est un tigre il vit en Sibérie. Vous savez comment il s'appelle?
-Le tigre blanc? Le tigre polaire? Le tigre des neiges?
-Bah il s'appelle le tigre de Sibérie! me dit-il, triomphant.
Eh ouais, je suis un peu conne des fois…

Superdéfi:
Consigner par écrit toutes les idées qui me passent par la tête.
J, mon ex-responsable chérie, disait de moi:"Oh, bbl? Elle a 15 idées par seconde, alors tu vois".
Constat implacable et décevant: je n'écris pas assez vite.


Merci à tous ceux qui ont réussi à laisser un commentaire.
Pour les autres, voici le mode d'emploi:
cliquer sur [comment] en bas du post.
Vous arrivez sur une page avec une fenêtre pour écrire vos commentaires, alors allez-y et ne vous gênez pas. Ensuite, cochez la case [other] pour l'identité et inscrivez votre pseudo dans la case qui va bien (i.e. [username]).
Y a pu qu'à cliquer sur [publish your comment] et hop, le tour est joué.

Un merci tout particulier à Patfoot qui a gagné le droit de m'expliquer d'où lui vient ce pseudo que je trouve très groovy.

1.8.05

afternoon in Catcity

J'ai de nouveau les cheveux… orange. Je voulais rouge, et c'est orange. Le henné est une teinture aléatoire. C'est toujours une surprise quand on enlève la serviette, comme dans les kinders.
Quand j'ai annoncé à mon Boss samedi dernier que j'allais avoir les cheveux rouges, il m'a demandé:"Tu en as parlé à ton employeur?" J'adore ce type.

En ce moment dans mon lecteur MP3 (je me la pète, mais moins que ceux qui ont un ipod), j'ai une playlist qui va bien, alors j'avais envie de la publier. Dont acte:
Air – Alone in Kyoto
Archive – F**k you
Autour de Lucie – Personne n'est comme toi
Radiohead – No Surprises
Daft Punk – Aerodynamic (cette guitare, je l'aime)
Camille – Ta douleur
Eddie Brickell – What I am
Feist – One Evening
Gorillaz – Feel Good Inc. (ahahahahahahahahaaaaaaaaaaaaa)
Mickey3D – Matador (te refaire le coup du con qui t'adore)
Mickey3D – Réveille-toi
Prohom – Prouvez-le moi
Stereophonics – Maybe Tomorrow
Noir Désir – Sober song

Y-san est au Japon en ce moment, veinard (endetté pour 5 ans mais quand même). Quand je pense que j'avais prévu d'aller 3 semaines au Bhoutan et que je me retrouve à partir 5 jours en Bretagne… Enfin c'est mieux que passer la semaine à Catcity*, et puis je serai avec G et X, on va bien rigoler dans le jardin de la maison de la grand-mère de G, en camping-car.

Il semblerait à ce qu'il paraîtrait que mon frère et sa douce auraient décidé de perpétuer l'espèce dans un futur proche… moa, tata? J'aurais dû savoir que ça me tomberait sur le coin de la figure un de ces 4. Alors je me dis que je vais peut-être adopter un chinchilla.

Je suis très très fière du portrait que j'ai dessiné de Monsieur le L du fond de l'impasse. Ce qui n'a aucun intérêt si ce n'est de me faire du mal. Ce portrait est beau et fidèle à son modèle que j'indiffère si totalement. J'ai trois semaines pour me désintoxiquer. La solution pourrait être de m'intoxiquer à quelqu'un d'autre. Sauf que ça n'a jamais marché, et que connaissant la loi des séries (jamais deux sans trois) je cours au râteau direct sans repasser par la case départ. Alors une décision s'impose: j'arrête le jardinage (y a quelqu'un à qui je vais devoir des droits d'auteur pour celle-là).


*pour ceux qui ne savent pas, Catcity est la ville où j'ai passé les 23 premières années de ma vie, en banlieue parisienne, où my Mom réside toujours.

Chronique ciné

J'ai été voir Charlie et la chocolaterie au ciné hier soir, après une balade gastronomico-canine avec les filles du 2 rue D.
Un bien bon film ma foi! Willy Wonka est weird à souhait, et le petit Charlie a une bonne bouille. Le tout reste tout à fait dans l'esprit du roman. La musique est un plus indéniable et les interventions des oompa-loompas… m'ont fait mourir de rire à chaque fois. Que ça fait du bien de voir un film comme ça!
H2G2 bientôt sur les écrans. Pourquoi pas le Guide galactique puisque tel est son titre dans la traduction en folio SF? Le titre original anglais, c'est The Hitch-Hiker's Guide to the Galaxy. H2G2. Logique. C'est chouchou qui m'a expliqué. Je lui faisais part de mon étonnement, je trouvais que peu de gens connaissaient cette œuvre culte de l'humour britannique. Elle m'a dit qu'effectivement, c'est britannique. Donc peu connu en France. Tant mieux, on va pouvoir le faire découvrir. En plus un des acteurs joue dans notre série préférée en ce moment, à Chouchou et à moi, The Office. Cet acteur est celui qui enferme l'agrafeuse de son collègue de bureau dans un bloc de jelly, mon personnage préféré. Ca va être génial.

Cette nuit j'ai fait un rêve étrange. Je bossais dans le nouveau cabinet de kiné de J et F, chez qui j'ai passé deux mois et demi cet hiver pour rééduquer mon genou. Le cabinet était immense, avait deux étages, et dedans on vendait aussi des livres et il fallait comprendre comment marchait la caisse…
Je crois que j'ai besoin de vacances.